Les supporteurs de l'Albiceleste se sont retrouvés autour de Miguel Morales pour regarder la finale de la Coupe du monde. Ils ont ensuite défilé dans les rues de Cayenne, malgré la défaite.
Comme une envie irrépressible de continuer la fête. De prolonger le rêve. D'entretenir l'excitation. Götze a douché leur enthousiasme. Messi vient d'envoyer un coup franc dans les nuages. L'arbitre de cette finale de Coupe du monde a mis fin à la magie. Mais les supporteurs argentins veulent s'offrir un dernier moment de gloire. Alors ils grimpent dans la benne de leurs pick up, quittent la zone Galmot et vont s'offrir une tournée d'adieu dans les rues de Cayenne. Les klaxons chantent, les drapeaux volent, les bras se lèvent, mais c'est l'Allemagne qui a gagné.
Six heures plus tôt, ils avaient mis en route les barbecues et ouvert les premiers cartons de bière, sous un hangar de la société Sig, zone Galmot. Cela fait vingt ans que Miguel Morales est arrivé en Guyane. Il y a créé cette entreprise qui fabrique des godets et des bennes pour camion.
Autour du patron argentin, on retrouve Philippe, l'ingénieur français marié à une Bolivienne, et Victor-Hugo - ça ne s'invente pas - le légionnaire bolivien passé par Avignon. Ils sont une grosse trentaine, en majorité Boliviens. Pendant toute la Coupe du monde, c'est là qu'ils ont encouragé les équipes latino-américaines et l'équipe de France. « On est comme une grande famille » , témoigne Philippe, qui sait de quoi il parle, puisqu'il est le beau-frère du patron.
Tout le match, les bières aidant, s'élève le chant « Oui, oui, oui, nous sommes les Argentins... » Les visiteurs sont priés de passer à table. Et de reprendre du poulet. Les bières coulent. À ceux qui s'étonnent que ce ne soit pas de la Quilmès, Victor-Hugo répond que « ce n'est pas la Quilmès qui nous fera gagner » . Soit! Messi et Higuain non plus. Götze marque. Les larmes montent. Les doigts se croisent sur les dernières attaques. Rien n'y fait. « Ça a été un beau match, conclut Miguel Morales. C'est le foot, il faut un peu de chance. Je suis fier de mon Argentine. »
Alors, comme s'il avait gagné, il part défiler une dernière fois, klaxons chantant, drapeaux volant et bras en l'air.
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