La Guyane a vécu, hier, son deuxième drame de la séparation en moins d'un mois. Le premier s'était déroulé le 31 mai sur un parking de la résidence la Pépinière, cité Zéphir. Un homme avait tiré sur son ex-épouse et le nouveau compagnon de cette dernière avant de retourner l'arme contre lui. Hier, il est 9 h 30, lorsque les pompiers et la police interviennent au quartier de Source de Baduel sur une scène presque identique à la première. Régis Mojokko, 33 ans, n'acceptait pas le désir de séparation de sa femme Liliane. Il a abattu son beau-frère, Theunis Pomba, 25 ans, venu avec sa soeur récupérer des affaires qu'elle avait laissées chez son mari. Il a tiré avec un fusil calibre 12, alors que son beau-frère était encore assis au volant de son véhicule. Le tireur n'a pas attendu l'arrivée des policiers pour l'interpeller, il a retourné l'arme contre lui. C'est sur le petit parking en terre devant la maison que s'est joué le drame. Un des témoins, qui a appelé la police, raconte : « Liliane avait préparé ses affaires car elle était décidée à partir. C'est elle qui a demandé à son frère de venir chercher ses affaires avec elle. Lorsque Régis est arrivé il est resté dans la voiture car le mari de sa soeur ne voulait pas que des gens viennent chez lui. Tandis que la femme était dans la maison, le mari est venu à côté de la voiture avec son fusil pour discuter avec le frère. Des gens disent qu'il voulait lui faire peur. Mais le coup est parti. » La peur a donné des ailes à l'épouse. Alors qu'elle est enceinte de trois mois, elle a sauté dans un champ de détritus en pente, recouverts par de très hautes herbes. Elle a terminé sa fuite dix mètres plus bas, sur le préau de la maison d'Armelle, une de ses amies en criant : « Il a tué mon frère. » Pendant ce temps, Régis Mojokko, qui avait certainement compris son erreur, a mis l'arme sous son menton et s'est suicidé. De nombreux voisins s'étaient rassemblés devant l'entrée de la maison où s'est déroulé le drame pour ne rien rater des investigations des policiers du commissariat de Cayenne. Une voisine a raconté que le couple, qui a un petit garçon de 4 ans, se disputait souvent. Cette relation a dégénéré il y a deux semaines, lorsque le mari voulait faire à tout prix faire avorter sa femme. Régis Mojokko était connu des services de police pour avoir battu son épouse à plusieurs reprises, et surtout pour lui avoir asséner plusieurs coups de poing au ventre pour lui faire perdre le bébé. Hier, la jeune femme a été entendue par la police. Elle devrait subir des examens médicaux dans les prochains jours. Régis Mojokko en garde à vue la vielle du drame
Ce drame aurait-il pu ne pas se produire si le parquet de Cayenne avait placé en détention provisoire le mari de Liliane ? Régis Mojokko avait été placé en garde à vue, lundi, car il avait frappé sa compagne enceinte de 3 mois. À l'issue de la garde à vue, il a été libéré avec une convocation pour répondre de ses actes devant les juges du tribunal correctionnel de Cayenne.
Une libération que la famille a encore du mal à comprendre. Le procureur de la République Yvan Auriel se défend : « Nous avons effectué une confrontation entre le couple. Lors de cette confrontation, le mari a dit qu'il n'aimait plus sa compagne et qu'il acceptait la séparation.
L'épouse a exprimé son désir de séparation. C'est lors de la confrontation que l'épouse a pris la décision de venir chercher ses affaires avec son frère. Il n'y avait aucun objet d'inquiétude. Nous avons demandé au mari s'il avait une arme, il nous a dit non. Sa mère a été entendue et elle a confirmé qu'elle n'avait jamais vu son fils avec une arme. Nous avons délivré une COPJ pour qu'il réponde d'actes de violences conjugales devant la justice. Ce couple avait une relation conjugale sulfureuse. »
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