Altercation à l'arme blanche route de Troubiran
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CAYENNE

Altercation à l'arme blanche route de Troubiran

D. St-J.

Alors qu'il était avec sa compagne, trois hommes venus en scooter l'ont abordé. Lors de l'altercation, il a blessé sérieusement l'un d'eux. L'intervention de policiers a permis l'interpellation de l'agresseur, qui affirme s'être défendu.

Le dimanche 22 décembre, vers 7 h 10, les policiers de la Bac, en patrouille route de Troubiran, voient un couple et trois hommes en discussion assez vive. Puis l'homme du couple porte des coups avec un objet qui pourrait être un couteau ou un cutter à l'un des protagonistes, le blessant à l'avant-bras et à la pommette. Les policiers interviennent et interpellent l'auteur des coups.
Ce fait divers a mené les deux principaux protagonistes mardi à l'audience des comparutions immédiates, l'un sur le banc des accusés, l'autre sur celui de victime. Une affaire qui a eu des rebondissements imprévus puisque, selon la police, pour éviter qu'un troisième coup ne soit porté au niveau de la gorge de la victime, un tir de flash-ball a été fait. Et le parquet a demandé une enquête sur l'utilisation réglementée de ce flash-ball (voir notre édition du jeudi 26 décembre concernant les policiers de la Bac).
Âgé de 24 ans, Enso Fleurand, originaire d'Haïti, s'est donc retrouvé à la barre pour répondre de violence avec arme. Il nie avoir utilisé son cutter, affirmant avoir ramassé le couteau de la victime. « Ils sont arrivés en scooter et ont commencé à m'insulter » , affirme le prévenu qui se positionne en victime d'une agression par les trois ressortissants brésiliens. Un comportement confirmé en partie par sa compagne. « Des déclarations invraisemblables » , répond l'avocat de la partie civile. À l'audience, la victime porte les pansements dus à ses blessures qui lui occasionnent six jours d'interruption de travail.
Pour le procureur, « l'outil qu'est le cutter a été utilisé comme une arme très dangereuse et rien ne justifie l'utilisation d'une telle arme » . Une peine de dix-huit mois de prison dont douze avec sursis est requise. Me Marie-Joëlle Seka pour la défense souligne « la vision partielle de ce qui s'est passé des policiers » et accrédite les déclarations de son client lorsqu'il dit qu'il s'est senti agressé par les trois autres protagonistes dont la victime : « Il ne s'est pas laissé pas faire, il s'est défendu! Ce n'est pas lui qui a cherché l'affrontement. » Aussi, elle invite le tribunal a ne pas donner suite aux demandes d'indemnisation.
Finalement, Enso Fleurand est condamné à dix-huit mois de prison dont douze avec sursis. Une peine assortie d'une mise à l'épreuve avec obligation d'indemniser la victime et l'interdiction de porter une arme.

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