Acquitté pour braquage, mais condamné pour violences
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Acquitté pour braquage, mais condamné pour violences

D.S-J

MATOURY. Un homme avait été blessé par balles au distributeur de la Poste de Matoury en décembre 2010. Celui qu’il avait reconnu comme étant son agresseur avait été interpellé en 2011 après avoir fait feu sur un jeune de Copaya.

« Je suis sûr que c’est mon agresseur ! J’étais face à lui, je l’ai bien regardé. Je me suis dit si je restais vivant, je le reconnaîtrais ». À la barre la victime d’un braquage qui s’est déroulé devant le distributeur de billets de la Poste de Matoury durant la nuit du 9 au 10 décembre 2010 est catégorique. Une certitude qu’il explique par sa formation militaire comme agent de sécurité, il a même été formateur. Ce soir-là alors qu’il avait voulu consulter son compte, un homme l’avait braqué. Faute d’argent, l’agresseur avait essayé de lui prendre sa chaîne de cou, n’y arrivant pas, il avait tiré à deux reprises dans sa jambe. Pour la victime, Eon Peter est bien son agresseur. Un témoignage capital pour l’accusation comme le souligne son avocat Me Vincent Mazet. Ce dernier dénonce : « une délinquance de plus en plus violente qui ne fait aucun cas de la vie humaine ».

Pour les autres faits reprochés à Eon Peter, ils se sont déroulés le 2 avril 2011 à Copaya. Une bagarre entre jeunes et Eon Peter est intervenue. Des coups de feu ont été tirés et un jeune a été blessé. Son avocat Me Stéphan Doutrelong met l’accent sur « les contre-vérités » assénées par l’accusé et rappelle les témoignages confirmant les tirs avec une arme à feu.

Pour l’avocat Général, si il n’y a pas de preuve pour le braquage à la Poste, il y a l’identification par la victime. « C’est lui et personne d’autre ! J’en ai la conviction ! » Pour les faits à Copaya : « il y a les témoignages neutres et objectifs ». Pour ces faits une peine de huit ans est requise avec une interdiction définitive du territoire.

« Il n’y a rien dans ce dossier. Aucune preuve qui permet d’entrer en voie de condamnation », martèle Me Émile Tshéfu. Il dénonce une « diabolisation » de son client et ses proches. « Même si la victime (de la Poste) est de bonne foi, son témoignage ne suffit pas », précise l’avocat révélant que son client lui a été « présenté entre deux gendarmes » sans tapissage dans les règles. Il demande donc l’acquittement.

Pour les faits à Copaya, il plaide « la légitime défense » affirmant que son client « est intervenu pour défendre celui qui était en position de faiblesse dans une bagarre stupide suite à un jeu d’argent « .

Finalement après délibérations, Eon Peter est acquitté pour le braquage devant la Poste, mais il est reconnu coupable des violences avec arme pour les faits de Copaya et il est condamné à trois ans de prison.

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