" Nos droits ne sont pas en carton " : les lycéens poursuivent leur mobilisation
Dans un communiqué publié lundi 5 octobre, le rectorat et le préfet de Guyane ont reconnu la légitimité des revendications des lycéens
" Nos droits ne sont pas en carton." Pour le deuxième jour de mobilisation, les lycéens du lycée Melkior-Garré se sont rendus devant la Collectivité territoriale de Guyane (CTG), ce mardi 6 octobre. Pancartes en main, les élèves ont quitté leur établissement à 8 h 30 pour faire entendre leurs revendications.
" Le but est de leur montrer que nous restons sur nos positions et que les réponses apportées pour l'instant ne suffisent pas ", explique Béatrice lycéenne.
Six élèves ont été reçus par la CTG. Les lycéens ont ensuite attendu les retours de cette rencontre. " En fonction des retours que nous avons, nous aviserons de la suite. Mais si ça ne nous convient pas, on poursuivra ", ont-ils prévenu.
Les élèves ont dénoncé plusieurs difficultés au sein de leur établissement : des bâtiments dégradés, un manque d'hygiène dans les locaux, des absences de professeurs, des salles où la chaleur devient difficile à supporter, mais aussi les longues files d'attente à la cantine, liées selon eux à des horaires peu adaptés.
À leurs côtés, des enseignants ont apporté leur soutien au mouvement, à l'image de Sabine Lagrèze. "On est là pour soutenir les élèves et leurs revendications, pour réclamer de bonnes conditions de travail ", explique-t-elle.
Des parents d'élèves ont aussi fait le déplacement devant la CTG.
Quelques heures après l'échange avec les représentants de la collectivité, les lycéens se sont dits satisfaits des réponses apportées. Selon eux, le mouvement devrait prendre fin dès mercredi matin au lycée Melkior-Garré.
Le mouvement s'est étendu à
d'autres établissements
La mobilisation ne s'est pas limitée à Melkior-Garré. Au lycée Préfontaine, une soixantaine d'élèves se sont mobilisés devant l'établissement ce mardi matin. Déterminés à se faire entendre, ils ont cadenassé le portail du parking du personnel et placé des tiges de bambou à l'entrée.
Une dizaine de gendarmes se trouvait déjà sur place depuis 6 heures, dans le contexte du mouvement national des lycéens. Ils ont empêché plusieurs tentatives de feu de poubelle ainsi que des tentatives de blocage de la route desservant le lycée et le hameau de Préfontaine.
Selon les lycéens, l'établissement, ouvert en septembre 2025 et qui accueille cette année des classes de seconde et de première, manque encore de personnel éducatif. Ils ont cité des absences de professeurs en histoire, en biotechnologie et en EMC.
Les élèves ont évoqué un manque de matériel et d'équipements : papier dans les toilettes, fontaines à eau, bancs à l'intérieur et à l'extérieur de l'établissement ou encore climatiseurs.
À 9 heures, aucune réunion entre les lycéens et la direction n'avait été organisée. Les élèves ont estimé ne pas être entendus et ont annoncé vouloir poursuivre leur mobilisation tant que leurs revendications ne seraient pas prises en compte.
De son côté, le personnel éducatif a été informé qu'aucun cours ne serait annulé et que l'établissement resterait ouvert tant que la sécurité ne serait pas menacée. Contactée dans la matinée, la proviseure du lycée Préfontaine n'a pas souhaité répondre aux questions de France-Guyane.
Plusieurs
établissements bloqués
À Kourou, le lycée Gaston-Monnerville a aussi été bloqué dans la matinée par le mouvement lycéen. À Rémire-Montjoly, le lycée Léon-Gontran-Damas a lui aussi connu un blocage.
Dans certains collèges, des tentatives de mobilisation ont été signalées, sans entraîner pour autant l'arrêt des cours.
Le rectorat appelle
au calme et au dialogue
Dans un communiqué publié lundi 5 octobre, le rectorat et le préfet de Guyane ont reconnu la légitimité des revendications des lycéens, tout en condamnant les violences et les dégradations survenues dans certains établissements.
" Les violences et les dégradations mettent en danger l'ensemble de la communauté éducative et ne peuvent être tolérées ", ont-ils indiqué.
Le préfet et le recteur ont appelé les lycéens " au calme et au dialogue " et ont rappelé que les forces de police et de gendarmerie étaient mobilisées pour garantir le droit de manifester, prévenir les violences et empêcher les blocages des établissements.

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