La Confédération paysanne en Guyane : "Il nous faut la température et les réalités du terrain"
Deux représentants nationaux de la Confédération paysanne étaient en Guyane du 13 au 22 octobre sur invitation du Grage, un syndicat local d'agriculteurs. Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération répond à nos questions
Pourquoi êtes-vous venus à la rencontre des agriculteurs locaux ?
On avait à cœur de venir rencontrer nos collègues, de comprendre la réalité du terrain, les difficultés des paysans et des paysannes et puis de voir comment on peut maintenir et développer une agriculture paysanne sur le territoire. Nous, représentants nationaux, on a besoin de comprendre ces réalités-là parce qu'on est les interlocuteurs des ministères et des institutions françaises. Il nous faut la température et les réalités du terrain.
On est aussi venus voir comment mieux structurer le syndicalisme pour qu'il soit une force de développement de l'agriculture paysanne.
Quelles difficultés avez-vous relevées, notamment par rapport à l'enjeu actuel qui est celui de la sécheresse ?
Les réalités qu'on a pu voir dans les fermes sont liées à l'accès au foncier ; la difficulté de viabiliser les terrains par l'abattage de la forêt ; le manque d'accès aux pièces mécaniques ; les difficultés liées à l'isolement et l'état des pistes nous ont aussi beaucoup été relayées. Et puis aussi l'incapacité d'avoir l'eau courante ou l'électricité. Ce sont des thèmes que l'on connait moins en Hexagone et des freins importants au développement de l'agriculture paysanne.
Par rapport à la sécheresse, on a pu constater que la Guyane est très impactée par le réchauffement climatique. Il va falloir accompagner les paysans au développement des systèmes d'irrigation, à développer aussi des pratiques agroforestières ou agroécologiques plus poussées pour être plus robustes.
Mais on a trouvé qu'il y a un atout extraordinaire ici, c'est qu'il n'y a pas encore une industrialisation poussée de l'agriculture. On peut espérer un développement croissant de l'agriculture paysanne. Il y a aussi une forte demande d'une alimentation locale ce qui est positif. Malgré cela il faut faire face aux importations. Beaucoup de produits alimentaires importés mettent en porte-à-faux le développement de l'agriculture locale.
Votre travail, c'est de porter ces difficultés auprès des ministères, mais aussi auprès de l'Europe. Quelle est la marche à suivre ?
Il y a la prochaine programmation de la PAC (Politique agricole commune) en construction. La France n'a pas encore rendu sa copie sur le Posei (Programme d'options spécifiques à l'éloignement et à l'insularité), qui est la partie du PAC destinée aux départements d'outre-mer. Il y a tout à construire. On a déjà fait une mobilisation avec les camarades de la Guyane à Paris pour dire qu'on voulait une PAC plus juste, mieux répartie, et surtout qui permette le développement de la souveraineté alimentaire. La PAC, ne peut pas être accaparé par certaines grandes familles. Elle doit servir aux populations. On sera force de proposition que ça soit au niveau européen ou au niveau français.
C'est pour ça que c'est important d'être sur le terrain. On peut prendre les retours de nos camarades quand ils viennent sur Paris, mais on ne comprend pas les réalités si on ne vient pas sur place. Avec les 13 fermes qu'on a pu visiter, toutes les rencontres qu'on a pu faire au salon régional de l'agriculture, on comprend mieux les réalités et on défend mieux les paysans.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters