« Laisse ton arme à la maison et ramène plutôt ta copine! »
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« Laisse ton arme à la maison et ramène plutôt ta copine! »

Propos recueillis par Pierre ROSSOVICH

De gauche à droite : Andrew, Prince (chanteurs), Bezrock (selecta), Titti-Tell (danseuse) et Benjamin (ingénieur) : Nah Switch au complet / Photo : PR

Ce week-end, Lil Pat, de l'association Tuff Vybz Konnection, organisera deux soirées « Passa Passa » , avec les Jamaïquains du groupe Nah Switch. Ces derniers nous donnent leur vision des sound system.

 
 
Pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ?
Nous sommes le groupe Nah Switch, composé de deux chanteurs : Prince et Andrew ; d'une danseuse : Titti-Tell ; d'un Selecta (DJ) : Bezrock et de notre ingénieur du son. Notre premier tube She mad, marche actuellement très fort en Jamaïque!
Quel est le concept des soirées Passa Passa, dont la première en Guyane aura lieu ce week-end ?

Le Passa Passa est un type de soirée dancehall qui se déroule tous les mercredis soirs à Kingston, normalement en plein air et après la fermeture des boîtes. C'est différent des sound system. Il y a un seul mot d'ordre : s'amuser! Prendre son pied!
C'est du fun, on danse comme des fous, on écrase tout! (rires).
En Guyane, des faits divers graves sont parfois liés aux sound system. Récemment, une jeune fille est morte après avoir reçu une balle perdue. Comment se passent ces soirées en Jamaïque, là où elles ont été inventées ?

On nous a raconté ce qui s'est passé ici, et ça nous a surpris. Chez nous, il n'y a pas de violence dans les sound system. En Jamaïque, on fait de la musique comme on ferait des films. On chante des chansons d'amour, des chansons de bad boys, des chansons conscientes... Cela reste du divertissement et c'est perçu comme tel par le public. Ces histoires de meurtre, cela n'a pas de sens... Pourquoi venir armé en soirée ? Laisse ton arme à la maison et ramène plutôt ta copine!

En Jamaïque, la musique dancehall, liée aux sound system, est une véritable industrie, ce qui n'est pas le cas en Guyane...

Le reggae est une musique née dans le ghetto. Elle y est une issue de secours, comme peut l'être le football au Brésil. C'est un business autour duquel un tas de gens gravitent : des chanteurs, des ingénieurs, des stylistes, des cuisiniers... Voilà pourquoi on n'y trouve pas de violences, car ce serait contre-productif pour tout le monde. C'est peut-être ce qu'il manque en Guyane. Tant qu'il y aura des soirées sauvages, il y a aura de la violence. Donnez l'opportunité aux jeunes de monter des soirées « propres » et vous les verrez s'amuser comme il faut. Il faut que cela devienne un business, que les sound system génèrent de l'argent.
À quoi les Guyanais doivent-ils s'attendre vendredi à Kourou et samedi à Saint-Laurent ?

Ils doivent s'attendre à recevoir beaucoup, beaucoup d'énergie. Nous voulons laisser notre empreinte en Guyane. Vous devez venir voir ça, car ça va être du délire!
 
- Vendredi et samedi à Kourou (La Matador) et Saint-Laurent (salle polyvalente de la Charbonnière), à partir de 21 h ; 10 euros en prévente ; 15 euros sur place. 

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