Zones blanches : Antoine Karam interpelle le ministre de la cohésion des territoires
Le sénateur Karam est monté au créneau aujourd'hui en demandant au gouvernement une explication sur l'exclusion de la Guyane de l'accord historique entre celui-ci et les opérateurs téléphoniques ,visant à supprimer les zones blanches d'ici trois ans dans "toute la France".
Le Ministre s'est engagé à arriver à une "couverture généralisée en téléphonie mobile dans les outre-mer, dans les mêmes délais que pour l’hexagone".
Par ailleurs, le site www.monreseaumobile.fr devra intégrer dès juillet 2018 les données outre-mer pour permettre aux citoyens ultramarins de consulter la couverture mobile dans leur commune.
" Le 14 janvier dernier, l’ARCEP annonçait la signature d’un accord historique visant à généraliser, et je cite « une couverture mobile de qualité pour l’ensemble des Français ».
L’ensemble des Français ? Non, pas exactement puisque cet accord ne concerne en réalité que la France hexagonale et la Corse.
Les outre-mer ont ainsi été écartés car les opérateurs y seraient différents, auraient des fréquences différentes et seraient soumis à des obligations distinctes par territoire.
Monsieur le Ministre, si j’entends ces raisons, les mots ont un sens, et lorsque l’ARCEP se prévaut d’un accord historique pour tous les Français, nos concitoyens ultramarins sont en droit de s’interroger.
A vrai dire, il leur suffit de consulter le site - Monreseaumobile.fr – pour comprendre qu’ils ne sont visiblement pas des Français comme les autres. La carte de la France se limitant là encore, à l’hexagone et la Corse.
Les besoins sont pourtant bien réels. Si c’est bien de la Guyane que nos satellites de communication sont lancés, le coût des forfaits y reste très élevé et la couverture en téléphonie mobile extrêmement défaillante, en particulier dans les communes isolées et sur les routes nationales.
Certes, des efforts sont faits. L’attribution en 2016 de nouvelles fréquences aux opérateurs ultramarins a permis de commercialiser des services mobiles à très haut débit. Mais là encore, les engagements des opérateurs seront-ils à la hauteur ? Rappelons qu’en 2015, l’ARCEP avait dû retirer leurs fréquences à trois d’entre eux suite à des retards de déploiements et de paiements.
Dans ce contexte, nous ne pouvons que regretter, voire dénoncer que nos territoires ne soient pas, avec leurs particularités de marché respectives, intégrés pleinement à un accord aussi ambitieux.
Monsieur le ministre, vous le savez, le défi de la résorption de la fracture numérique que nous avons à relever ensemble est immense mais aussi fondamental.
C’est pourquoi je souhaiterais avoir des précisions sur la stratégie que le gouvernement entend déployer outre-mer pour renforcer les obligations des opérateurs et mettre fin, une bonne fois pour toutes, aux zones blanches".

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