Marine Le Pen critique la politique outre-mer du gouvernement
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POLITIQUE

Marine Le Pen critique la politique outre-mer du gouvernement

FXG, à Paris

Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, a présenté mardi à Paris un premier bilan critique des premiers mois du gouvernement Borne et de sa politique pour les Outre-mer.

 Entourée de son conseiller Outre-mer, André Rougé, et du nouvel eurodéputé polynésien Eric Minardi, l’ancienne candidate à la présidentielle a réaffirmé son crédo : « Depuis Chirac, personne ne s’intéresse à l’Outre-mer », à part elle.

Sur la forme d’abord, le RN s’étonne de voir « un binôme composé du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin flanqué d’un ministre délégué, un haut fonctionnaire qui n’a aucune expérience politique, un super gouverneur de l’Outre-mer qui n’administre pas grand-chose ». Et rappelle que le projet de Marine Le Pen était un grand ministère d’Etat associant l’Outre-mer et la Mer.

Sur le fond ensuite, le RN observe que l’équipe gouvernementale en place se présente « comme si elle était vierge de toute antériorité, oubliant qu’il y a eu Annick Girardin et Sébastien Lecornu », et que « l’absence de fond est encore plus critiquable que la forme : Il n’y a pas eu de bonne surprise, pas de surprise du tout dans ce deuxième quinquennat ! Juste une absence totale de vision. »

La patronne du RN finit par se dire qu’Emmanuel Macron ne sait pas quoi faire de l’Outre-mer. « Et comme, il n’y a rien, poursuit-elle, il utilise la vieille ficelle qui commence à devenir usée à force d’avoir été utilisée, la ficelle de la réforme institutionnelle pour faire patienter tout le monde. »  Alors que le gouvernement est attendu sur la lutte contre la vie chère, sur la réforme de l’octroi de mer, sur la lutte contre l’insécurité…

« Aucun projet d’avenir, poursuit Marne Le Pen, sur le plan économique, aucun projet fiscal qui permettre de recréer des investissements en Outre-mer ». Employant plusieurs fois les terme « autonomie », la députée du Nord n’est pas opposée à « une réflexion avec les élus locaux sur quel type d’autonomie, dans quel domaine, sous quel contrôle et avec quelles garanties » mais elle réfute « que l’Etat se débarrasse des problèmes qui relèvent de sa compétence grâce à ce drapeau des modifications institutionnelles agité en tous sens ».

Alors que le budget de la mission Outre-mer sera débattu le 28 octobre à l’Assemblée nationale, les élus RN sont sceptiques : 3 millions et demi pour les sargasses ? C’étaient 300 millions en 2007 pour lutter contre les algues vertes. 10 millions d’euros pour l’eau pour que le syndicat mixte arrange les choses sur quatre ans en Guadeloupe. « Il en manque juste 490 ! »


Budget Outre-mer et niches parlementaires
Le groupe RN votera-t-il les crédits de la mission ? « On pense que toutes les réponses sont budgétaires, répond Mme Le Pen, mais si le budget est porté sans vision, le budget ne sert à rien ! Oui, on peut voter le budget Outre-mer de la même manière qu’on va voter la mission Sécurité. On va rajouter du budget, embaucher des policiers, mais il n’y a pas les ordres, les consignes qui sont données… Tout n’est pas budgétaire, ce qui manque vraiment, c’est une vision ! A la sortie de ce quinquennat, il n’y aura toujours pas d’eau, il y aura toujours une insécurité grandissante, il y aura toujours la vie chère !»

Le RN entend se servir de ses niches parlementaires pour « constitutionnaliser le droit des étrangers, retrouver la maîtrise des frontières, réguler l’immigration clandestine et préserver le système de protection sociale », mais aussi sur des sujets plus locaux comme l’interdiction d’installer des éoliennes sur des terres exemptes de chlordécone.

Le RN est-il prêt à s’unir avec les autres oppositions ? Il l’a déjà fait en juillet dernier en faisant adopter certains de ses amendements dans le projet de loi de finances rectificatives. « Tout est possible, affirme Mme Le Pen, on peut faire des choses si on trouve des points d’accord et ça peut parfaitement arriver avec l’intégralité des oppositions à Emmanuel Macron. »

Y compris une motion de censure pour renverser le gouvernement ? Une hypothèse que n’exclut pas le RN même si sa présidente assure que son groupe votera tout amendement ou texte qui lui semble profitable aux Français, quelle que soit son origine politique.