Christophe Yanuwana Pierre lance sa campagne
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LEGISLATIVES 2022

Christophe Yanuwana Pierre lance sa campagne

Samuel ZRALOS

Candidat aux législatives dans la deuxième circonscription, le jeune saint-laurentais a tenu son premier meeting vendredi soir au village de Terre Rouge, avant des déplacements à Iracoubo et Macouria.

 « Aucun meeting dans des grands hôtels. » Assis sur l'estrade dressée dans la salle commune de Terre Rouge, village de la commune de Saint-Laurent du Maroni, Christophe Yanuwana Pierre annonce d'emblée la couleur. Le jeune homme entend faire une campagne de proximité, symbolisée par le choix de faire son premier meeting dans le village où il a grandi.

Dans la salle, un peu plus de soixante-dix personnes. Bénédicte Fjeke, chef du village et 2e adjointe à la mairie de Saint-Laurent, ouvre la rencontre par un hommage à celui qu'elle qualifie de « battant ». « C'est le seul candidat qui a compris le but d'un député, qui a compris qu'on ne fait pas ce travail pour Saint-Laurent uniquement, pas pour sa personne, mais pour toute la Guyane » affirme à son tour Samantha, professeur des écoles venue exprimer son « ras le bol » en tant que « jeune de la ville ».


« On ne veut plus de gestionnaires »

Sans notes, détendu face à une assemblée largement acquise à sa cause, Yanuwana Christophe Pierre déroule ensuite son premier discours de campagne. Il affirme n'avoir pas de désaccords personnels avec les autres candidats, mais ne veut plus « de gestionnaires de la Guyane. Ce n'est pas eux qui doivent être aux postes de réflexion et d'imagination des choses ».

L'ancien de la lutte contre la Montagne d'or vise notamment Lénaïck Adam, député sortant élu sous l'étiquette LREM, pour mieux s'en démarquer. « Quand on a un député qui ne sait que valider la majorité présidentielle, c'est difficile de donner de la visibilité à la Guyane » explique-t-il, avant de s'engager à consacrer son mandat avant tout aux enjeux guyanais.
Foncier, lutte contre la pauvreté et réforme statutaire

S'il est élu, il veut placer trois axes au premier plan de son mandat, le foncier, les plans de lutte contre la pauvreté et la réforme statutaire. Dans le détail, le député putatif prévoit pour le premier point d'arracher « l'effectivité de la rétrocession gratuite des hectares » prévues par les accords de 2017, si possible la « mise en place de l'expérimentation de l'accès à la terre, c'est à dire mise à disposition gratuite de terre pour construction pour les foyers les plus fragiles, notamment pour les jeunes ».

Face à la pauvreté, ll veut le blocage des prix des produits de première nécessité, « l'accompagnement à l'accès au droit et aux soins, que tout ne soit pas centralisé seulement à Cayenne ». Enfin, il souhaite « parachever » l'évolution statutaire.

Sur l'écologie, autre facette majeure de son engagement, le candidat à la députation digresse, multiplie les exemples (« on en parle des précipitations depuis un an ? On peut faire des trois voies si on veut, mais si on ne fait rien pour le défi climatique, les routes seront sous l'eau ») mais ne perd pas de vue l'objectif : opposition à la centrale du Larivot, arrêt « au maximum des énergies non-renouvelables », favoriser les circuits courts, refuser l'exploitation pétrolière...

Le ton est ferme, les convictions affichées, Christophe Yanuwana, dont le directeur de campagne a milité pour Jean-Luc Mélenchon aux présidentielles, ne laisse pas de place au doute : il fait campagne clairement à gauche, refuse que « l'aspiration de la jeunesse guyanaise [devienne] "un jour tu seras ouvrier, au smic, exploité par un grand patron" ». Et qu'importe les difficultés, « on y va pas pour perdre, quand on fait la bataille on y va du mieux qu'on peut » proclame Samantha Barbosa, remplaçante du candidat et soutien de la première heure.