Outre-Mer : 44 propositions pour lutter contre les violences faites aux femmes
La Guadeloupéenne Justine Bénin propose 44 mesures pour prévenir, accompagner et sanctionner les violences faites aux femmes en Outre-mer.
Justine Bénin, coordinatrice interministérielle déléguée à la lutte contre les violences faites aux femmes en Outre-mer, a remis, le 25 novembre dernier, deux rapports à François-Noël Buffet, alors ministre des Outre-mer. Ces documents dressent un état des lieux alarmant et formulent 44 mesures pour mieux prévenir, détecter, accompagner et sanctionner les violences dans les territoires ultramarins.
1. Renforcer la prévention
L’accent est mis sur l’éducation dès le plus jeune âge pour déconstruire les stéréotypes sexistes. Parmi les recommandations, on trouve la création d’un observatoire des violences en Outre-mer (pour collecter et analyser les données), la généralisation du violentomètre en langues régionales pour sensibiliser les populations, et des actions dans les écoles pour enseigner l’égalité filles-garçons. La formation des enseignants, des policiers et des travailleurs sociaux est aussi renforcée pour détecter les signaux faibles.
2. Mieux détecter et écouter les victimes
Justine Bénin recommande la signature de protocoles entre hôpitaux, parquets et ordres des médecins pour faciliter le dépôt de plainte dans un cadre sécurisé. Des référents « violences intrafamiliales » doivent être désignés dans les services d’urgence et des kits de prélèvements médico-légaux déployés hors des unités spécialisées. Le financement des psychologues et intervenants sociaux dans les commissariats et gendarmeries est sanctuarisé pour offrir une aide immédiate aux victimes.
3. Protéger et accompagner les victimes
L’hébergement d’urgence est une priorité. Le rapport préconise d’augmenter les places disponibles et de généraliser le dispositif « Pack Nouveau Départ », qui offre une aide financière immédiate pour les femmes en danger. Des « maisons des femmes », lieux d’accueil pluridisciplinaires, doivent être créées dans chaque territoire pour centraliser les services d’aide. L’accès gratuit aux soins liés aux psycho-traumatismes est aussi recommandé, tout comme l’installation d’un taxi social ou d’une pirogue sociale en Guyane pour les déplacements en urgence.
Renforcer le système judiciaire est essentiel. Justine Bénin propose d’augmenter le nombre d’officiers de police judiciaire dans les Outre-mer et de créer une mission d’information parlementaire sur les stocks d’affaires non résolues. Elle suggère aussi d’expérimenter des centres de prise en charge pour les auteurs de violences, notamment à Wallis-et-Futuna et en Polynésie française, pour travailler sur les causes profondes des comportements violents.
Ces 44 recommandations visent à répondre aux spécificités de chaque territoire d’Outre-mer, en adaptant les politiques publiques aux réalités locales. La précarité économique, l’exiguïté des territoires et le poids des traditions rendent ces mesures indispensables pour une protection renforcée des femmes victimes.

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