Le squatter de la maison du procureur louait les chambres à 300 euros
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TRIBUNAL

Le squatter de la maison du procureur louait les chambres à 300 euros

Bernard DORDONNE
Située au 18 de l'avenur Pasteur, la résidence destinée à loger un procureur de la République est à l'abandon depuis plusieurs années (HG)
Située au 18 de l'avenur Pasteur, la résidence destinée à loger un procureur de la République est à l'abandon depuis plusieurs années (HG)

Un homme de 26 ans d'origine brésilienne qui squattait l'ancienne maison du procureur de la République, avenue Pasteur, louait les chambres de l'habitation à d'autres squatters pour 300 euros par mois. Il sera jugé le 29 août.

C'est une affaire de soumission d'une personne vulnérable ou dépendante à des conditions d'hébergement indignes qui a marqué, hier, l'audience du tribunal correctionnel de Cayenne. Les faits remontent au 5 août, dans l'ancienne maison du procureur de la République, au numéro 18 de l'avenue Pasteur. Cette belle habitation de style colonial avec piscine est à l'abandon depuis plusieurs années. Destinée à loger un procureur de la République, celui-ci a refusé d'y habiter. Elle est depuis squattée.
L'homme qui s'est arrogé le titre de propriétaire, n'est autre qu'un squatter d'origine brésilienne, âgé de 26 ans. Il est poursuivi pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme, et pour soumission d'une personne vulnérable à des conditions d'hébergement indignes. Une infraction qui est très rarement utilisée par le parquet de Cayenne.
En clair, l'homme qui squattait la maison du procureur de la République, louait depuis le mois de novembre les chambres de la belle bâtisse à six ressortissants dominicains pour la somme de 300 euros par mois et par personne.
Les victimes, présentes en tant que partie civile, ont reconnu leur naïveté : « Lorsque vous êtes dans une situation comme la nôtre, vous ne réfléchissez pas longtemps. On avait besoin d'un logement. Il nous a déclaré qu'il était le propriétaire. Il n'y a ni eau, ni électricité (d'où l'intitulé de l'infraction). En revanche, la chambre qu'il occupe lui est climatisée. Pour notre hygiène et celle des enfants, on s'arrange avec les personnes de la maison voisine. À chaque fin de mois, il toquait sur la porte de notre chambre et nous disait « donne moi l'argent » . Il se montrait menaçant lorsqu'on ne répondait pas. Il ne donnait jamais de justificatif » explique l'une des victimes.
Lundi, vers 15 heures, le « squatter propriétaire » réclame son loyer à un de ses locataires. Ce dernier explique qu'il n'a pas d'argent. Le ton monte entre les protagonistes. Le bailleur attrape un fusil de chasse et menace de tuer tout le monde et de mettre le feu à la maison, s'il n'a pas son loyer. En colère, il tire un coup de fusil dans le couloir qui heureusement n'atteint personne. Les policiers interviennent et interpellent l'auteur du coup de feu.
Hier, il a demandé un délai pour préparer sa défense. Placé en détention provisoire, il sera jugé le 29 août. Ce jour-là, il devra donner le nom de la personne qui lui a donné le titre de propriété de cette habitation

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