Les voleurs n'avaient pas ménagé leurs efforts pour pénétrer dans la bijouterie (photo d'archives)
Victime d'un cambriolage en juin, le propriétaire de la bijouterie Pivooli a retrouvé lui-même ses voleurs, quatre ressortissants colombiens, à Macapá (Brésil). Le syndicat des bijoutiers réclame leurs extraditions pour qu'ils soient jugés au tribunal de Cayenne.
Début juin, la bijouterie Pivooli, au 41 de l'avenue De-Gaulle, était cambriolée à la façon du « gang des égoutiers » (lire notre édition du 2 juin). Ce cambriolage avait entraîné une psychose chez les autres bijoutiers. Des individus avaient percé un trou dans le mur situé juste derrière la vitrine. Puis, avec une scie à métaux, ils avaient découpé le contre-plaqué situé à l'arrière de la vitrine de façon à pouvoir y passer un bras. Les policiers avaient pu observer les faits grâce à la vidéosurveillance installée à l'intérieur de l'orfèvrerie.
DANS UNE CHAMBRE D'HÔTEL DE MACAPÁ
En parallèle avec l'enquête ouverte par le parquet de Cayenne, le propriétaire de la bijouterie, Cornelio Gomes de Oliveira, a mené des investigations qui ont porté leurs fruits. Un mois après le casse, le bijoutier a obtenu des informations indiquant que quatre ressortissants colombiens - trois hommes et une femme - tentent de refourguer ses bijoux dans la commune brésilienne d'Oïapoque.
« Je me suis rendu sur place dans le but de les faire prendre la main dans le sac et récupérer mes bijoux. Lorsque je suis parti sur leur trace, j'ai remis au commissariat un dossier d'authentification des bijoux volés contenant les photos et les dates de création. J'ai trouvé le gang deux jours après mon arrivé à l'Oïapoque. Ce jour là, ils ont pris un bus en direction de Macapá, la capitale de l'État de l'Amapá. C'est d'ailleurs dans cette ville qu'ils résidaient dans une chambre d'hôtel » , raconte Cornelio.
MIS EN DÉTENTION PAR LA POLICE BRÉSILIENNE
« J'ai pris le même bus qu'eux. J'étais assis près des quatre malfrats et j'entendais et je comprenais tout ce qu'ils disaient » , confie le chef d'entreprise, « qui a fait un acte de bravoure » , d'après Damien Buirette, membre du syndicat des bijoutiers.
Dès que Cornelio a mis pied sur le sol de Macapá, il s'est rendu à la police fédérale du Brésil pour porter plainte. Fort des documents en sa possession, et comme les ressortissants Colombiens étaient en situation irrégulière, le bijoutier de Cayenne n'a pas eu de mal à obtenir l'aide de la police. Les quatre individus ont été arrêtés et placés en détention. Une perquisition a été effectuée dans la chambre d'hôtel. Une grande partie des bijoux volés à Cayenne ont été retrouvés et rendus à son propriétaire.
Les fédéraux ont récupéré un chalumeau, des bonbonnes de gaz de marque française, une chignole, des tournevis, une scie à métaux, des pinces et un marteau. « C'était leur outil de travail. Lorsque j'ai regardé sur la bande vidéo de notre magasin, on les reconnait, ils avaient réalisé des repérages chez nous aussi » , commente médusé Damien Buirette, en regardant les photos prises à Macapá par son collègue.
« NOUS SOUHAITONS QU'ILS SOIENT JUGÉS ICI »
Les deux bijoutiers sont déterminés. « Ces malfrats sont souvent de passage à Cayenne. Les charges retenues contre eux au Brésil sont faibles. Il faut que le procureur de la République et le préfet fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour extrader ses individus. Nous souhaitons qu'ils soient jugés ici. Nous aurons gagné face à de tels individus qui n'ont ni foi ni loi, si le parquet de Cayenne prend en compte tous les documents remis au commissariat par Cornelio Gomes. C'est la profession, mais aussi pour la population, qui fait cette démarche auprès de la justice française. »
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