Ce pourrait être un feuilleton à rebondissements programmé sur la chaîne, et dont l'épisode qui vient de se jouer constitue un petit drame pour l'un des principaux protagonistes. Hier, le tribunal de commerce a rendu sa décision dans le dossier ATG suite à l'audience qui s'est tenue à huis clos le vendredi 4 avril. Il a constaté la cessation de paiements, prononcé l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire et nommé un administrateur, Alain Miroite, qui aura la gérance complète de l'entreprise. Une période d'observation de six mois a été décidée mais la prochaine échéance sera plus courte. Le tribunal doit en effet statuer sur les offres de reprise le 28 mai prochain. LE PELLETIER CRAINT LA LIQUIDATION
Président fondateur de la chaîne, Jean-Paul Le Pelletier n'est donc pas parvenu à convaincre le tribunal. Il souhaitait que la décision ne soit rendue qu'après l'assemblée générale du 22 avril, date à laquelle les actionnaires devaient eux-mêmes étudier les projets de reprise. Avec cette décision, même s'il reste un des principaux actionnaires d'ATG, il en perd la gérance. Une décision qu'il juge « dangereuse » dans la mesure où, dans six mois, la justice pourrait prononcer la liquidation judiciaire de l'entreprise et donc la fin de l'aventure ATG. DES ACTIONNAIRES PRÊTS À REPRENDRE LES RENNES
Mais pour les quelques actionnaires qui se sont dressés contre lui, la décision du tribunal devrait au contraire permettre de sauver la chaîne. « Nous allons pouvoir faire une proposition de continuation à l'administrateur » , se réjouit l'un d'eux. « Nous avons quelques idées par le biais d'un professionnel des médias. Nous nous donnons trois mois pour revenir à flot. » Avec plus d'un million de pertes enregistrées, la tâche est ardue mais pas impossible. Le redressement judiciaire va en effet permettre d'effacer, en quelque sorte, l'ardoise de la chaîne. De son côté, Jean-Paul Le Pelletier a déjà fait connaître sa préférence pour un autre projet, celui d'un nouvel actionnaire qui devait injecter de nouveaux fonds dans les caisses. Comme le note le tribunal dans son jugement, il existe bien « une scission avec deux clans opposés d'actionnaires » . Deux projets pour poursuivre l'aventure
Deux projets de reprise ou de continuation sont évoqués dans le jugement. Le premier concerne des actionnaires actuels en désaccord profond avec la gestion de la chaîne par Jean-Paul Le Pelletier. Ils souhaitent notamment revoir rapidement la grille des programmes pour faire d'ATG « une chaîne de proximité attractive pour les téléspectateurs et les annonceurs. » Le second est porté par Robert Moi, ancien de RFO (Guyane 1re maintenant), au sein de la société UMC pour Ultramarine de communication. Il s'agirait d'un nouvel actionnaire qui pourrait devenir majoritaire. Dans les deux cas, Jean-Paul Le Pelletier quitterait la direction de la chaîne. Ce dernier apporte son soutien au second projet.
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