Il avait été promis pour la fin du premier trimestre 2014 au plus tard. Il faudra finalement attendre la fin du second trimestre, en juin, pour que le décret de création de l'université de Guyane (UG) soit enfin publié. En fait, c'est le ministère de l'Éducation qui traînerait des pieds car il voudrait publier en même temps les deux décrets, celui de création de l'UG et celui de transformation de l'UAG en UA (université des Antilles). Problème : la guerre des pôles se poursuit entre la Martinique et la Guadeloupe, toujours en grève. Une intersyndicale souhaite la création d'une université de plein exercice, ce dont le ministère ne veut pas entendre parler. LA RECHERCHE TROP REPRÉSENTÉE
En attendant, un nouveau projet de décret a été élaboré et présenté par l'administratrice provisoire, Anne Corval, à l'ICE*, qui n'est pas satisfaite. « On lui a demandé de nous donner la dernière version du décret sur papier car elle n'a fait qu'une présentation orale » , déplore Didier Béreau, de l'intersyndicale. « Après la présentation de la première mouture, nous avions demandé des modifications mais elles n'ont été prises en compte que partiellement. » Elles portent notamment sur la représentativité au sein du futur conseil d'administration de l'UG Selon l'ICE, la recherche y serait trop représentée et les syndicats craignent une mainmise des organismes de recherche. C'est d'ailleurs un gros point d'achoppement entre les ex-grévistes et l'administratrice que nous ne sommes pas parvenus à joindre malgré de nombreuses tentatives. LA TOURNÉE DES ÉLUS POUR TROUVER DES APPUIS
La crainte de l'ICE est alimentée par des « bruits de couloir » annonçant la nomination d'un président issu du CNRS. Didier Béreau en est presque convaincu, Anne Corval, en déplacement à Paris, l'aurait rencontré pour « préparer le passage de relais » . L'ICE a aussi le sentiment que sa parole n'est pas suffisamment prise en compte, notamment au sein du directoire chargé d'accompagner Anne Corval dans la construction de l'université. « On est déçu de ce directoire qui aurait dû être décisionnel mais qui ne l'est pas. Il n'y a qu'une demande d'avis consultatif, et encore » , se plaint Quentin Le Bert, représentant étudiant au sein de cette instance. Comme Didier Béreau, il reproche aussi à l'administratrice une rétention d'informations. « On a appris, en rencontrant le président de Région (mardi, ndlr), qu'ils se voyaient souvent. Elle ne nous dit pas tout. » Pour trouver de nouveaux appuis, les membres de l'ICE effectuent actuellement une série de démarches auprès des élus, « pour savoir comment ils peuvent nous accompagner dans la construction de l'université » , explique Didier Béreau. Après Rodolphe Alexandre en début de semaine, ils rencontreront aujourd'hui le sénateur Georges Patient. * ICE : Intersyndicale et collectif étudiants.
- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters