Recherche, formation, soins : l'Institut de santé des populations en Amazonie donne corps au CHU de Guyane
Un an après sa création, le Centre hospitalier universitaire de Guyane inaugure l'Institut de santé des populations en Amazonie. Un bâtiment dédié à la recherche, à la formation et à l'enseignement.
Le Centre hospitalier universitaire de Guyane a inauguré l'Institut de santé des populations en Amazonie (Ispa), lors de la célébration de son premier anniversaire, mardi 16 juin à Cayenne.
C'était une journée doublement historique. " L'institut de santé des populations en Amazonie est le symbole de ce CHU ", déclare le directeur général Ahmed El-Bahri. " C'est un bâtiment de recherche, un écrin pour permettre aux chercheurs et aux étudiants de se former et de conduire leurs travaux. "
Au cœur du site, l'institut regroupe les équipes scientifiques et les fonctions de soutien. " On accompagne les projets depuis l'idée jusqu'à la publication ", explique le professeur de médecine Antoine Adenis. " Cela comprend les aspects réglementaires, les méthodes, l'analyse de données ou l'écriture scientifique."
Mise à disposition d'une aile clinique
Pensé comme un outil structurant, le bâtiment intègre une aile clinique dédiée à la recherche. " C'est une hospitalisation de jour avec six chambres, adaptée aux exigences de la recherche ", précise-t-il. L'ensemble comprend aussi des salles de cours, des salles de laboratoires, un bloc de simulation en santé et des bureaux pour les équipes.
Au-delà de la recherche, le lieu se veut ouvert à l'ensemble de l'hôpital. " Ce n'est pas réservé à une élite. Chacun peut porter une idée ", insiste Antoine Adenis. " En innovation, il y a des gens de terrain qui cherchent des solutions. " L'Ispa accueille enseignement, formation et rencontres professionnelles. Il réunit hospitaliers, chercheurs et porteurs de projets autour d'un même espace. Plus de 90 personnes occupent déjà le lieu de travail depuis février 2025. " Ça fait un an que l'institut est actif et petit à petit, nous renforçons l'équipement. La zone clinique vient de se doter d'une machine de recherche qui vaut 350 000 euros."
Un amphithéâtre au nom d'une pionnière de la médecine
Pour la direction, cet équipement doit répondre aux réalités locales. " Le CHU n'est pas seulement un hôpital plus grand, il permet aux jeunes Guyanais et Guyanaises de se former chez eux, de construire des carrières médicales et paramédicales, ainsi que d'autres formations." en ajoutant : "Il permet de développer des projets de recherche adaptés à nos enjeux sanitaires, maladies tropicales, santé des populations amazoniennes, médecine de territoire, et d'attirer des partenaires nationaux et internationaux", souligne Ahmed El-Bahri.
La cérémonie a aussi marqué la dénomination de l'amphithéâtre de l'Ispa au nom d'Alice Sollier, pionnière de la médecine. " L'idée, c'était de rendre hommage à une personnalité guyanaise et à une femme ", indique le professeur. " Les gens qui viendront ici verront ce nom et se poseront la question de qui elle est. " D'origine guyanaise par son père, Alice Mathieu-Dubois est la première médecin noire diplômée en France.
Présent, le directeur général de l'ARS a salué le travail des équipes. " Créer un CHU est un défi. Le faire fonctionner et le faire progresser est la véritable réussite. " Il évoque aussi les avancées récentes, avec de nouvelles autorisations de soins dans le traitement du cancer, le diagnostic prénatal et l'assistance médicale à la procréation.
À terme, plus de 500 Guyanais pourront être pris en charge sur le territoire.

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