France-Antilles et l'ICEA lancent le premier bachelor en journalisme de Martinique
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes
8s
×

France-Antilles et l'ICEA lancent le premier bachelor en journalisme de Martinique

Juliette Thorin (stagiaire)
Béatrice Cléon, directrice générale de France-Antilles, et Yves Hinnekint, directeur de l'Institut Catholique Européen des Amériques, ICEA, signent officiellement la collaboration pour la création du bachelor de journalisme.
Béatrice Cléon, directrice générale de France-Antilles, et Yves Hinnekint, directeur de l'Institut Catholique Européen des Amériques, ICEA, signent officiellement la collaboration pour la création du bachelor de journalisme. • LUCAS RIVRON

Face au défi de l'exode des jeunes, France-Antilles et l'Institut Catholique Européen des Amériques, ICEA, s'allient pour créer le premier bachelor en journalisme de Martinique. Conçu en partenariat avec l'ISCPA, ce cursus en trois ans combinera cours théoriques et immersion concrète, en collaboration avec notre quotidien, dès la rentrée prochaine.

Dans les locaux de notre journal, à la Tour Lumina, le document glisse sur la table entre la directrice générale de France-Antilles, Béatrice Cléon, et le directeur de l'Institut Catholique Européen des Amériques, ICEA, Yves Hinnekint. Les deux partenaires signent, puis se serrent la main. C'est le début officiel, ce jeudi 11 juin, d'une collaboration majeure visant à établir une formation en journalisme pour les étudiants de l'ICEA qui se destinent au monde des médias. Un projet mûri depuis plusieurs années devient réalité : permettre à des étudiants martiniquais de se former aux métiers de l'information sans être contraints de quitter leur territoire.

Une vingtaine d'étudiants dès septembre

La formation ouvrira dès la rentrée de septembre sur le campus de l'Institut Catholique, boulevard Victor-Sévère à Fort-de-France. Le cursus, conçu avec l'Institut Supérieur des Médias, ISCPA, prendra la forme d'un Bachelor en trois ans et accueillera une vingtaine d'étudiants titulaires du baccalauréat, sélectionnés sur dossier puis lors d'un entretien de motivation.

Le programme associera enseignements académiques et immersion professionnelle. Une partie des cours sera assurée en présentiel à Fort-de-France, tandis que certains modules seront dispensés à distance par des enseignants de l'ISCPA Paris. Parmi les matières annoncées figurent notamment la géopolitique, l'anglais, le design, les techniques de prise de vue, mais aussi l'éthique journalistique, l'intelligence artificielle ou encore l'impact des réseaux sociaux sur l'information. Les stages de fin d'année seront obligatoires pour la première et deuxième année et l'Institut Catholique envisage la troisième année en alternance.

« Nous voulons intégrer tous les changements qui impactent aujourd'hui le métier de journaliste », souligne le directeur général de l'ICEA, avant de préciser que les tâches basiques seront aussi évidemment acquises : « Les étudiants apprendront à monter des sujets, conduire des interviews, réaliser des reportages ou des documentaires, mais aussi à développer des compétences humaines comme la curiosité, la confiance en soi ou l'esprit critique. »

Une formation tournée vers le terrain

Pour Yves Hinnekint, ce projet répond à une ambition ancienne. « Il y a vingt-cinq ans, je me suis posé la question de faire une formation de journalisme. Aujourd'hui, je la concrétise », confie-t-il avant de préciser que « le but n'est pas de nous positionner en concurrence avec les autres établissements d'enseignement supérieur martiniquais, mais dans une logique de complémentarité. »

Tout comme l'école de journalisme parisienne, l'une des spécificités du cursus repose sur son ancrage professionnel. Dès la première année, les étudiants seront amenés à réaliser des productions journalistiques grâce à du matériel dédié, actuellement en cours d'acquisition par l'établissement.

Le partenariat avec France-Antilles doit faciliter l'accès aux stages et aux expériences de terrain. Les journalistes de la presse quotidienne régionale interviendront également directement dans la formation et partageront leur expertise avec les étudiants. « C'est notre devoir d'accompagner les jeunes et la formation », estime la directrice générale du groupe France-Antilles. « L'avantage de France-Antilles, c'est que nous sommes présents sur plusieurs supports : le journal papier, le numérique, les réseaux sociaux, la vidéo, la web radio et même les podcasts. Les étudiants pourront découvrir toute la diversité des métiers de l'information. »

Une réponse à l'exode des jeunes

Au-delà de la création d'une nouvelle filière d'enseignement supérieur, les deux partenaires affichent une ambition plus large : contribuer à retenir une partie des jeunes talents sur le territoire. La Martinique fait face depuis plusieurs décennies à un vieillissement de sa population, accentué par les départs de nombreux étudiants vers l'Hexagone pour suivre des formations indisponibles localement. « C'est difficile d'entendre parler d'un exode de la jeunesse simplement parce qu'on ne se donne pas les moyens de proposer certaines formations », regrette Béatrice Cléon.

Le coût annuel du cursus a été fixé à 4 900 euros. Un tarif qu'Yves Hinnekint juge inférieur à ceux pratiqués dans de nombreuses écoles de journalisme privées de métropole. Si la formation n'est pas encore éligible aux bourses d'État, l'ICEA travaille actuellement à la mise en place de « bourses de la réussite » qui pourraient couvrir jusqu'à 90 % des frais de scolarité pour certains étudiants.

Des ambitions régionales

Si l'objectif immédiat reste la réussite de cette première promotion, les perspectives de développement existent déjà. L'ICEA réfléchit notamment à la création de résidences étudiantes pour faciliter l'accueil des jeunes venus d'autres communes de Martinique ou d'autres îles des Antilles comme la Guadeloupe.

Mais pour l'heure, les deux partenaires préfèrent avancer étape par étape. « Déjà, réussissons la première histoire », sourit Béatrice Cléon. « Après, nous regarderons vers l'avant. » Une première histoire qui pourrait bien ouvrir une nouvelle voie pour les jeunes Martiniquais attirés par les métiers des médias, sans avoir à quitter leur île pour apprendre à les exercer.

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger
8s
×