Résultats du brevet : les raisons derrière la chute du taux de réussite des élèves
Le taux de réussite au brevet atteint 50,6% toutes séries confondues cette année en Guyane, soit près de 20 points de moins qu’en 2025
La chute est brutale. En Guyane, le taux de réussite au diplôme national du brevet (DNB) passe de 71% en 2025 à 50,6% cette année. Avec 2 971 admis sur 5 297 candidats, les élèves de troisième affichent un résultat inférieur de plus de 30 points à la moyenne nationale qui s’établit à 81,6%. Une baisse qui concerne aussi bien la série générale que la série professionnelle.
« Ce n’est pas un scoop que les chiffres soient aussi bas » estime Denys Oltras, professeur d'histoire-géographie et co-secrétaire du Snes-FSU Guyane. Selon lui, la réforme du « choc des savoirs » portée par le ministère de l’éducation n’a pas été accompagnée « du choc des moyens ».
« On a augmenté les exigences des épreuves pour montrer que le niveau remontait, mais les élèves n’ont pas été préparés à ces nouvelles attentes.» Il cite l’épreuve de mathématiques: « Depuis la 5e, les élèves travaillent avec l'idée qu'ils pourront utiliser leur calculatrice. Deux semaines avant l'examen, on leur annonce finalement que ce ne sera pas le cas. »
Il pointe le changement de modalités de l’examen : les épreuves écrites comptent désormais pour 60 % de la note, contre 40 % pour le contrôle continu avec des exigences renforcées en français sur l’orthographe et en histoire-géographie avec un développement construit plus long.
Le rectorat propose une autre lecture de cette baisse. Pour Didier Cauret, directeur des services de l’Éducation nationale, les résultats s’expliquent par la modification du calcul du contrôle continu. Selon lui, les résultats aux épreuves écrites ne sont pas en recul. « Les élèves guyanais ont gagné des points sur les épreuves écrites en français, en mathématiques et en sciences de la vie et de la Terre ».
Derrière cette chute des résultats, les syndicats pointent des difficultés plus anciennes du système éducatif en Guyane. « Il n’est pas pensable qu’un quart des élèves soient devenus plus mauvais en un an », observe Bruno Niederkorn, secrétaire général du Steg-UTG. Le syndicaliste rappelle que les difficultés apparaissent dès l’entrée au collège. Selon lui, l’évaluation du brevet en 2026 aurait surtout un « effet correctif » : « On voit la réalité de manière plus crue. »
Il rappelle que ces difficultés sont visibles dès l’entrée au collège. « Les évaluations nationales de sixième montrent qu’environ un élève sur deux en Guyane ne maîtrise pas les compétences attendues en matière de lecture et d’écriture à son entrée au collège.»
Des difficultés qui s’expliquent, selon les syndicats, par les réalités du territoire : isolement géographique et académique de certaines communes, plurilinguisme, difficultés de lecture et d’écriture ou encore écarts importants de niveau au sein d’une même classe. « En Guyane, ce n’est pas seulement un ou deux élèves qui sont en difficulté dans une classe, c’est une grande partie des élèves avec des besoins différents », souligne Denys Oltras.
Face à ces difficultés, les syndicats réclament davantage de moyens humains. Alors que tous les collèges, à l’exception d’un établissement, sont classés en REP+, ils demandent une baisse des effectifs par classe pour permettre un suivi plus individualisé. « Il faut arriver à des classes de 20 élèves pour pouvoir accompagner correctement les jeunes », défend le co-secrétaire du Snes-FSU Guyane.
Pour Didier Cauret, « Il n’existe pas forcément de corrélation entre l’augmentation du niveau des élèves et la baisse des effectifs dans les classes ».
Cette première année avec les nouvelles modalités du brevet servira désormais de référence pour mesurer l’évolution des résultats des collégiens guyanais lors des prochaines sessions.
Dispositif d'aide "6e Ambition réussite": des initiatives qui fonctionnent
Pour accompagner les élèves qui arrivent au collège avec de grandes difficultés en lecture et en écriture, le dispositif 6e Ambition réussite propose un suivi renforcé.
Il s’adresse aux élèves identifiés comme « petits lecteurs » ou « petits déchiffreurs ». Avec des classes à effectifs réduits, un accompagnement de plus de dix heures par semaine et des temps de co-intervention entre enseignants, l’objectif est de reprendre les bases, de consolider les apprentissages fondamentaux et de redonner confiance aux élèves.
Un dispositif plus coûteux qu’un accompagnement classique, qui nécessite de cibler précisément les élèves concernés. Selon les équipes qui le portent, les premiers résultats sont encourageants, avec des progrès rapides pour certains élèves en lecture et en écriture.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters