« La philosophie n'est pas une récitation » : les clés pour réussir l'épreuve du bac
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" La philosophie n'est pas une récitation " : les clés pour réussir l'épreuve du bac

Nahomie PERIGNY
L'épreuve de philosophie est prévue le 15 juin.
L'épreuve de philosophie est prévue le 15 juin. • PHOTO J-M.E./ARCHIVES

Toute référence utilisée doit être expliquée et mise au service de l'argumentation. Les exemples peuvent d'ailleurs provenir d'autres domaines que la philosophie

À trois jours de l'épreuve de philosophie du baccalauréat, Anne Sobiecki, professeure au lycée Gaston-Monnerville, et Patrice Rosenberg, professeur de philosophie en classes préparatoires au lycée Félix-Éboué, livrent leurs conseils aux candidats.

Premier réflexe le jour de l'examen : prendre le temps de lire attentivement les sujets.

" L'analyse est le point de départ indispensable à la réussite ", insiste Anne Sobiecki. Les candidats disposent de quatre heures pour traiter l'un des deux sujets de dissertation ou l'explication de texte proposée. Un temps qu'il faut utiliser pleinement.

" Il ne faut surtout pas se précipiter sur un sujet parce qu'il paraît séduisant au premier abord. Après analyse, on peut se rendre compte qu'il est finalement plus difficile qu'on ne le semblait. "

Montrer sa capacité à s'interroger

Les deux enseignants recommandent ainsi de consacrer une dizaine de minutes au choix du sujet avant de se lancer. Pour Patrice Rosenberg, l'épreuve de philosophie n'est pas un exercice de récitation.

" On ne demande pas une accumulation de références mais une réflexion personnelle. L'important est d'interroger la question posée."

Les élèves ne doivent donc pas chercher à impressionner le correcteur par leur érudition, mais montrer leur capacité à s'interroger et à construire un raisonnement cohérent.

" La philosophie est avant tout un acte d'interrogation ", rappelle-t-il.

Dans l'exercice de dissertation, l'objectif n'est pas de répondre immédiatement à la question.

" Il faut chercher ce que la question cache, quel est l'enjeu philosophique derrière le sujet ", explique Patrice Rosenberg.

Une fois le problème identifié, chaque partie du devoir doit constituer une tentative de réponse.

" Mais cette réponse révèle aussi ses limites et justifie le passage à la partie suivante. "

Les enseignants insistent aussi sur l'importance des transitions.

" Il faut toujours montrer en quoi ce qui vient d'être démontré permet de répondre à la question et pourquoi il est nécessaire de poursuivre la réflexion. " Pour éviter le hors-sujet, les candidats doivent revenir régulièrement à la question initiale tout au long de leur copie.

Eviter les paraphrases 

En explication de texte, il faut suivre la pensée de l'auteur. Aucune connaissance préalable de l'auteur n'est exigée.

" Les élèves ne sont pas des spécialistes. Ils n'ont qu'une année de philosophie derrière eux ", rappelle Anne Sobiecki. L'essentiel est de comprendre le raisonnement développé dans le texte.

" Il ne faut ni paraphraser ni transformer l'exercice en dissertation. "

Les candidats sont invités à s'interroger sur les choix de l'auteur : pourquoi tel mot plutôt qu'un autre ? Pourquoi cet exemple ? Pourquoi cette formulation ?

" Il faut proposer une explication plausible de ce que l'auteur cherche à démontrer. "

Pour le plan de l'explication, il doit suivre la structure même du texte. L'ensemble du texte doit être étudié et expliqué. Les élèves doivent soigner la préparation et la relecture. 

Les deux enseignants recommandent de consacrer un temps important à l'élaboration du plan.

" Une heure à une heure trente de préparation n'est pas excessive ", estime Patrice Rosenberg.

En revanche, rédiger intégralement sa copie au brouillon avant de la recopier es. " est probablement la pire idée. "

Avant de rendre leur copie, les candidats doivent impérativement se relire.

" Un quart d'heure de relecture permet déjà d'éliminer de nombreuses fautes ", souligne Anne Sobiecki.

Concernant la conclusion, la professeure met en garde contre une erreur fréquente :

" Il faut éviter de terminer par une nouvelle question. La conclusion doit achever la réflexion et non ouvrir un nouveau débat. "

Faire preuve d'honnêteté intellectuelle

" Mieux vaut approfondir un philosophe que multiplier les références survolées ", explique Patrice Rosenberg.

Toute référence utilisée doit être expliquée et mise au service de l'argumentation. Les exemples peuvent d'ailleurs provenir d'autres domaines que la philosophie.

" Les films, les livres, l'histoire, les sciences ou encore l'actualité peuvent nourrir la réflexion philosophique. Il n'y a pas de frontière entre les disciplines dès lors que l'exemple sert la démonstration. "

Enfin, les deux enseignants invitent les candidats à faire preuve d'honnêteté intellectuelle.

" Une copie n'a pas besoin d'être parfaite pour obtenir une très bonne note. Ce qui compte, c'est la sincérité de la réflexion et la capacité à comprendre les enjeux du sujet. "

Et de rappeler qu'un 20 sur 20 ne correspond pas à une copie parfaite, mais à la meilleure copie qu'un élève de terminale peut produire après une année de philosophie.

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