Le collectif Mayouri pou lagwiyann désidé organise sa première manifestation à 17 heures
Elle est la première conséquence du rejet de la proposition de loi de Georges Patient par les députés français
Une manifestation unitaire est annoncée pour 17 heures aux Chaînes brisées pour dire la volonté de la Guyane de décider par elle-même pour elle-même après le rejet de la proposition de loi du sénateur Patient par l'Assemblée nationale.
« Qui peut arrêter un peuple décidé qui souffre ? », se questionne Wesly Constant du parti Nous Guyane, membre du collectif Mayouri pou Lagwiyann désidé, organisateur de ce rassemblement populaire.
On aura un début de réponse ce soir avec la mobilisation ou non de la population. « Nous avons besoin de tout le monde. Des anciens, des jeunes. Notre jeunesse doit se mobiliser et nos élus aussi car le refus de développer les hydrocarbures leur enlève des ressources financières pour offrir un toit à ceux qui en ont besoin, créer des emplois. Il y a dix ans, un rapport estimait entre 300 et 500 millions d'euros par an de revenus liés à cette industrie pour nos collectivités », rappelle Mylène Mathieu.
Cette manifestation est une première étape pour le collectif. Peut-être une manière de se compter avant d'imposer un éventuel rapport de force avec les institutions étatiques. Le député Jean-Victor Castor a parlé, au sein même du Palais Bourbon, de désobéissance civile.
« Nous ne pouvons juste la fermer (Kawka) », insiste Mylène Mathieu. « Ce refus [de la part des députés] est la goutte d'eau qui vient faire déborder le vase des frustrations des Guyanais. Nous sommes un collectif ouvert et nous espérons accueillir de nouvelles personnes. C'est pour cela qu'on se nomme Mayouri », précise Maurice Pindard.
Le groupe Total, par la voix de son PDG devant le Sénat a annoncé qu'il ne reviendra pas explorer les eaux guyanaises. La mulitnationale devrait commencer à exploiter le gisement Gran Morgu au Suriname en 2028. Le salaire moyen au Suriname tourne autour des 250 euros contre 1200 euros en Guyane.
Pour l'instant, le collectif est constitué de partis politiques comme Nous Guyane, le MDES, le Front pour une évolution statutaire, le MIR, le Komité Drapo ; des syndicats comme l'UTG, Sud Éducation, la CFTC ; des membres de la société civile comme l'ancienne élue à la mairie de Cayenne Ruth Céprika, qui représente la cause féminine.
Les deux députés sont revenus en Guyane hier et apportent leur soutien à cette manifestation avant de penser à la suite. Une occupation des terres qui appartiennent à l'État est envisagée afin de renouer avec le slogan des années 90 : une famille, une terre.
Il est à noter que Trop'Violans n'est pas représentée dans ce collectif. L'association est très active dans un autre regroupement, Stop à la vie chère. Ce collectif tient une conférence de presse à 8 heures aujourd'hui devant la Collectivité territoriale alors que les élus de l'Assemblée de Guyane devront voter pour ou contre un recours en justice contre l'État et la formule qui instaure les prix à la pompe tous les mois.
Une convergence des luttes est-elle possible dans le pays, à l'approche de l'élection présidentielle en France, comme en 2017 ? Une partie de la réponse se devinera ce soir aux Chaînes brisées à Cayenne.
Par ailleurs, le collectif Mayouri pou Lagwiyann désidé réfléchit à des mobilisations dans le reste de la Guyane.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters