" Il y a du mieux, mais on est loin du compte " : le bilan du Snes-FSU pour la rentrée 2026
Le syndicat dresse un premier bilan de la rentrée dans les collèges et lycées de Guyane. Si la situation s'est améliorée par rapport à l'an dernier, plusieurs établissements restent confrontés à des postes vacants, des classes chargées et des problèmes de matériel
La rentrée est meilleure, mais le compte n'y est pas encore. C'est le constat dressé lundi 7 septembre par le Snes-FSU lors de sa conférence de presse de rentrée.
Selon l'enquête menée par le syndicat auprès de ses correspondants, plus de 100 postes ne seraient pas pourvus dans le second degré. Un chiffre établi à partir des réponses d'environ la moitié des établissements et que le syndicat estime volontairement "minimaliste". Il diffère nettement de celui donné par le rectorat "Cela n'a rien à voir avec les 7 postes vacants évoqués par le recteur lors de la conférence de presse. D'ailleurs, on ne ne sais pas d'où sort le chiffre".
L'an dernier, près de 200 postes manquaient encore à la rentrée. " On ne peut que se féliciter que les choses soient meilleures ", reconnaît Denys Oltra, co-secrétaire du Snes-FSU. Mais les difficultés restent très marquées dans l'ouest guyanais. " Si ça va beaucoup mieux sur l'île de Cayenne, c'est loin d'être le cas à l'ouest, à Saint-Laurent et sur le fleuve. "
Pour le syndicat, le problème ne concerne pas uniquement les enseignants. Les établissements manquent aussi d'AESH, d'AED, d'infirmières ou encore de personnels médico-sociaux. " Tout ceci montre qu'on est très loin d'être tranquille en cette rentrée ", estime Denys Oltra.
Des établissements toujours sous tension
Autre sujet d'inquiétude : les effectifs dans les classes. Le Snes-FSU réclame depuis plus d'un an et demi une baisse du nombre d'élèves par classe pour permettre un meilleur accompagnement, en particulier face aux difficultés de maîtrise du français. " On ne peut pas lutter efficacement et apporter une aide efficace à nos élèves si les classes sont trop chargées ", affirme le syndicaliste.
Sur le terrain, plusieurs établissements concentrent les difficultés. Au lycée Bertène-Juminer de Saint-Laurent, environ 130 élèves seraient concernés par des filières professionnelles qui n'ont pas pu ouvrir faute de matériel pédagogique. Il s'agit en majorité du pôle santé et social. Au lycée Melkior-Garré, des salles ne seraient pas encore fonctionnelles et certains cours ont déjà été annulés. Les mobilisations récentes des enseignants et élèves du Lycée Félix-Eboué "montre la facette de ce que vivent nos établissements scolaires."
Le Snes-FSU pointe aussi les conditions d'enseignement de l'éducation physique et sportive (EPS). Le manque d'installations oblige certains élèves à se déplacer, mais les transports vers les équipements ne seraient toujours pas réglés. "La CTG ne répond pas". Les bâtiments restent eux aussi au cœur des inquiétudes, après les mobilisations de plusieurs établissements l'an dernier pour réclamer des travaux et des mises en conformité.
Adapter les conséquences climatiques
Le syndicat veut enfin anticiper les conséquences du climat sur les établissements. Chaleur, saison sèche plus marquée et baisse des niveaux d'eau pourraient affecter les conditions d'apprentissage et le transport scolaire. " La question n'est pas de savoir si ça va arriver, ça va arriver ", prévient Denys Oltra à propos des difficultés liées à l'eau.
"Il y a trois ou quatre ans, le ministère a décidé de décaler des épreuves du Brevet en France parce qu'il faisait trop chaud dans les salles. En Guyane, nos élèves avaient les mêmes températures et rien n'a été déplacé. Ils ont dû faire avec", résume le syndicaliste.
Le Snes-FSU entend porter ces alertes au ministère lors d'une audience consacrée aux Outre-mer, prévue le 23 septembre.

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