François Susky a « caressé les nuages »
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François Susky a « caressé les nuages »

Philippe CHAUVIN
L'artiste ne cesse de raconter ses histoires et de discuter lors du vernissage (PhCh)
L'artiste ne cesse de raconter ses histoires et de discuter lors du vernissage (PhCh)

Le pilote d'avion François Susky expose au Pôle culturel de Kourou jusqu'au 29 décembre. Une exposition à son image : touche-à-tout.

Rencontrer François Susky, c'est ouvrir un livre, un mélange entre un grimoire et une encyclopédie, tant l'homme, insubmersible, a vécu de vies. Pour s'en convaincre, il suffit de parcourir l'exposition polymorphe (peintures, vidéos, photos) appelée « Guyane inédite : un voyage en Amazonie française » qui lui est consacrée au Pôle culturel. « J'ai eu de la chance » , ne cesse-t-il de répéter comme s'il n'en revenait pas d'être encore là. François Susky a vécu sa vie à cent à l'heure et bien souvent au-delà « mais jamais à moins » .
Un homme tourbillon qui révèle les souvenirs. François Susky semble connaître l'histoire de chacune des familles des visiteurs présents. « Je vous revois avec mes yeux d'enfants quand vous passiez avec votre avion au-dessus de nos têtes. Les gens disaient que vous étiez fou » , se souvient Joachim Chocho. Car l'outil inséparable de cette existence sans répits est le même que celui qu'affectionnaient Mermoz et Saint-Éxupéry : l'aéroplane. « Avec un avion, vous générez toute une économie. » Denise Guillard plonge dans ses souvenirs : « Il m'amenait ravitailler ses ouvriers en pleine forêt et me signalait quand larguer les sacs de victuailles par la porte de l'avion. » C'est comme cela que ce Tchèque a fait tous les métiers : vétérinaire, pilote, peintre, agriculteur, orpailleur ou explorateur.
Mais à l'entendre, ce n'est surtout pas vers le passé qu'il nous invite à nous tourner. « Je n'ai pas fini de voler » , dit-il du haut de ses « quatre fois vingt ans » entre espoir et provocation. « J'ai surtout vu ce qui ne marchait pas. » Chantre du développement durable avant tout le monde, l'homme est avant tout tombé amoureux de la Guyane.
« Nous avons le meilleur air du monde. Aucune pollution et une température toujours constante entre 20 et 30°C. Nous devrions faire de la Guyane un grand sanatorium. » Il l'a tant arpenté, exploré, survolé cette forêt que l'on comprend qu'il ait saisi, dans ses tableaux « toute la lumière de la déclinaison des verts de l'Amazonie » , comme l'a signalé Jean-Étienne Antoinette à l'heure du vernissage. « J'aimerais que l'on pense à l'après-Cnes et que l'on se souvienne des troupeaux qui paissaient à l'Anse, des cultures d'awara ou de mangues qui garnissaient nos paysages et que l'on comprenne l'intérêt des palétuviers pour la préservation de notre écosystème. » Sûr que François Susky n'en finira jamais d'interroger nos consciences.

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