Lindor 2026 : une 20e édition entre récompenses, émotions et hommage à Badbay Mono
Dès les premières récompenses, la nouvelle génération s'est illustrée
La salle Sylviane-Cédia du Zéphyr affichait complet ce samedi 26 septembre pour la 20e édition des Lindor. Pendant plus de trois heures, la scène musicale guyanaise a été célébrée à travers les artistes, les productions et les carrières qui ont marqué l'année. Une soirée anniversaire qui a aussi pris une dimension particulière avec l'hommage rendu à Badbay Mono, disparu quelques jours avant la cérémonie alors qu'il devait lui-même monter sur cette scène.
Dès les premières récompenses, la nouvelle génération s'est illustrée. Drissia a ouvert son palmarès en remportant le Lindor du single rap, trap, drill et afro pour Heartbreak. L'artiste s'est retrouvée au cœur de la soirée avec la récompense du titre qu'elle partage avec Paloma Doll et OnlyOneDine, tandis que son nom figurait parmi les révélations de l'année.
Lianky s'est lui aussi distingué avec Melo, récompensé dans la catégorie single musique urbaine dancehall, bouyon et shatta. Une catégorie particulièrement suivie cette année, au regard du poids pris par les musiques urbaines dans la production guyanaise.
Dans le reggae, le Lindor du single de l'année revient à Little Guerrier pour Teach the Youths, enregistré avec Tarrus Riley. L'artiste décroche également le prix de l'album reggae avec That Day. Deux récompenses qui viennent saluer une année particulièrement riche pour le chanteur.
Le zouk et le kompa ont, eux aussi, trouvé leur lauréat avec Taïja et Paska, récompensés pour Lontan. En musique traditionnelle, c'est Joane Yamb qui s'impose avec Emosyon. Le succès carnaval revient quant à lui à Loulou pour San Fren, un titre qui remportera également le Lindor de la chanson guyanaise de l'année.
Une soirée marquée par l'émotion
Mais au fil de la cérémonie, les récompenses ont laissé place à des moments plus personnels. L'un des plus forts restera l'hommage consacré à Badbay Mono.
Sa mère, Emma, était présente pour rendre hommage à son fils. Avec émotion, elle a évoqué celui dont la musique racontait, selon elle, une réalité qu'elle connaissait intimement.
" Je suis fière de lui. Tout ce qu'il disait dans sa musique était vrai. Moi, je ne rigolais même pas. J'écoutais parfois ses musiques alors même que je ne comprenais pas vraiment les paroles ", a-t-elle confié.
Le prix décerné à Badbay Mono a ainsi pris une autre dimension. Sa mère a appelé ceux qui l'ont connu et ceux qui découvrent aujourd'hui son univers à continuer de faire vivre sa mémoire en écoutant et en partageant sa musique.
L'artiste, qui devait se produire lors de cette 20e édition, avait été nommé dans deux catégories. Sa disparition avait suscité de nombreux hommages dans le monde musical guyanais.
Des carrières célébrées
La cérémonie anniversaire a aussi permis de mettre à l'honneur ceux qui ont marqué la musique guyanaise sur la durée.
Après vingt ans de carrière, Fanny J a reçu le Lindor de l'Excellence. Une distinction qui vient saluer deux décennies de présence dans le paysage musical et notamment sa prestation à l'Accor Arena de Paris en mars 2025.
La chanteuse a réservé une surprise au public avec un second moment fort autour de cette distinction.
Bamby a de son côté réalisé l'un des plus beaux palmarès de la soirée. Elle a remporté le Lindor de l'interprète féminine de l'année ainsi que celui de l'album musique urbaine de l'année pour Muse. Elle a également reçu le Master Lindor Record, récompensant les 30 millions d'écoutes de son titre Pas Jalouse, en collaboration avec Kerchak. Cette distinction avait été annoncée avant la cérémonie.
Trois autres artistes ont été distingués à deux reprises au cours de la soirée : Loulou, T2I et Sugar Kawar.
Une génération qui s'affirme
La cérémonie a consacré plusieurs jeunes artistes et acteurs de la scène guyanaise.
DZK repart avec le Lindor de la révélation musicale de l'année, tandis que HYT reçoit celui du compositeur de l'année. Le jeune artiste a profité de son passage sur scène pour associer sa mère à cette récompense, saluant le travail accompli et le soutien reçu.
Chez les interprètes masculins, Sansand décroche le Lindor et dédie son titre à son père.
Le prix de la réalisation de l'année revient à Poplane pour Chill, réalisé par Lirys Haye.
T2I est quant à lui distingué pour sa performance scénique, tandis que le prix spécial du jury revient à GVYBZ. Le jury souligne notamment son rôle dans l'émergence de la trap bushinengué et l'influence exercée sur une nouvelle génération d'artistes.
Trois figures honorées
La soirée a été marquée par une séquence consacrée à trois personnalités considérées comme des références dans leurs domaines respectifs.
La cérémonie a ainsi dépassé le simple cadre du palmarès pour rappeler que les Lindor sont aussi l'occasion de transmettre une histoire musicale et de rendre hommage à ceux qui ont contribué à la construire.
Autre surprise de la soirée, la SARA a annoncé qu'elle financerait intégralement le prochain clip de Shasha, à travers un prix inédit spécialement créé pour la jeune artiste.
Un palmarès qui reflète la diversité musicale guyanaise
De la musique traditionnelle au reggae, du zouk aux musiques urbaines, cette 20e édition aura finalement offert un palmarès à l'image de la scène guyanaise actuelle.
Little Guerrier s'impose dans le reggae, Taïja et Paska dans le zouk-kompa, Joane Yamb dans la musique traditionnelle, Lianky dans le dancehall et Drissia dans le rap et l'afro. Loulou réalise également une belle opération avec deux Lindor pour San Fren, dont celui de la chanson guyanaise de l'année.
L'album guyanais de l'année revient à Sugar Kawar pour 24H d'amour – Chapitre 3. Chez les auteurs, T2I est récompensé, tandis que HYT s'impose chez les compositeurs.

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