Orpaillage illégal : six membres d'un réseau logistique condamnés
Les enquêteurs sont remontés jusqu'à ce réseau dans lequel neuf tonnes de matériel, de machines et de carburant ont été découvertes
Six membres d'un réseau de soutien logistique à l'orpaillage illégal ont été condamnés, fin septembre, par le tribunal judiciaire de Cayenne.
Les prévenus écopent de peines d'emprisonnement et d'amendes atteignant jusqu'à 100 000 euros. Il a également condamné les auteurs à verser solidairement 10 000 euros à Guyane nature environnement (GNE), partie civile dans cette affaire.
Neuf tonnes de matèriel
Avant cette décision du juge, les enquêteurs sont remontés jusqu'à ce réseau dans lequel neuf tonnes de matériel, de machines et de carburant ont été découvertes. Les prévenus organisaient le stockage du matériel, le recrutement de chauffeurs et de garimpeiros, ainsi que l'acheminement des marchandises vers les sites clandestins.
Pour Léo Barges, juriste de GNE, "Cette décision fait date : l'orpaillage clandestin ne se combat pas uniquement en détruisant les camps en forêt, mais aussi en démantelant les réseaux qui les font vivre." Le réseau démantelé alimentait les secteurs des criques Bagot et Nationale, particulièrement visés ces dernières années.
"Réorienter une partie des moyens vers le démantèlement"
D'après les estimations les plus récentes, la Guyane compte environ 8 000 orpailleurs illégaux répartis sur près de 600 chantiers ou sites d'extraction illégaux. Ces données fluctuent, mais peinent à baisser alors que la mission Harpie se poursuit sur le territoire depuis 2008.
"Détruire les camps pour les voir renaître quelques semaines plus tard ne peut constituer une stratégie durable", rappelle GNE qui "demande de réorienter une partie des moyens vers le démantèlement des réseaux logistiques et financiers, le blocage des approvisionnements et l'identification des commanditaires et des bénéficiaires de l'or, notamment grâce à une coopération renforcée avec le Brésil et le Suriname." Cette démarche stagne en particulier côté Maroni. Associations et autorités coutumières interpellent régulièrement l'État concernant les dégâts environnementaux et sanitaires de l'orpaillage illégal.

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