Alain Balum, UTG : « L'hôpital aurait pu recevoir de l'eau du réservoir de Petit Matoury »
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Alain Balum, UTG : " L'hôpital aurait pu recevoir de l'eau du réservoir de Petit Matoury "

Fabienne BOLEA JOSEPH ; f.joseph@agmedias.fr
Yannick Xavier, secrétaire général de l'UTG et Alain Balum, délégué syndical UTG SGDE estiment que le manque d'eau au CHC aurait pu être évité
Yannick Xavier, secrétaire général de l'UTG et Alain Balum, délégué syndical UTG SGDE estiment que le manque d'eau au CHC aurait pu être évité • DR

Une délégation de l'UTG SGDE a rencontré dimanche soir Michel-Ange Jérémie, président de l'association des maires et Sandra Trochimara, maire de Cayenne et présidente de la CACL. Les grévistes rejettent toute responsabilité et sont prêts à suspendre la grève pour aider à rétablir la circulation normale de l'eau potable sur le réseau de la SGDE;

Une réunion de médiation entre les grévistes de la Société guyanaise des eaux (SGDE) et la direction a été organisée dimanche soir dans un hôtel de Cayenne, après le Centre opérationnel zonal (COZ) qui s'est tenu vers 16h à la préfecture. Philippe Folliasson, directeur général délégué de la SGDE, qui nous avait, cet après-midi, assuré être prêt au dialogue avec les grévistes, ne s'est pourtant pas présentée.
Michel-Ange Jérémie, président de l'association des maires et Sandra Trochimara, maire de Cayenne et présidente de la CACL ont rencontré une délégation de l'UTG et veulent servir de médiateurs entre les partis. Yannick Xavier, secrétaire général de l'UTG et Alain Balum, délégué syndical UTG SGDE, nous expliquent les causes, selon eux, des coupures de ce weekend.

Yannick Xavier : "Les désordres sur le réseau aujourd'hui sont dus à une défaillance technique. C'est-à-dire qu'il y a des problèmes même sur le réseau. Et aussi un manque de connaissances sur le réseau parce qu'en fait les trois quarts du personnel qui travaille sur ce réseau sont en grève. Donc il n'y a personne là aujourd'hui pour permettre d'être sur le terrain, de réparer ou de remettre en ordre de bataille le réseau en fait."

Mais à la cause, le directeur nous dit que la principale cause de ces coupures, c'est la manipulation des quatre vannes à La Comté. Et que ça ne peut pas être fait par quelqu'un qui ne connaît pas le réseau. Alors, où est le dysfonctionnement là-dedans?

Alain Balum : "Le truc c'est que tout le monde doit savoir que les vannes, tout ce qui est comme vannes, tous nos réseaux sont à portée de main de la population, à tout le monde. Tout le monde peut y accéder.

Mais il dit que si on ne connaît pas comment manipuler, on ne peut pas le faire. Non, ça c'est faux. Moi si je vais, je peux. Si vous avez une clé, vous tournez la vanne. Même à la main. N'importe où, tout le monde le vend. A la main, vous pouvez manipuler la vanne. Donc ça c'est complètement faux ce qu'il y a là-dedans. Ce qu'il a annoncé aussi samedi matin au début des négociations, c'est qu'il y avait déjà un défaut sur l'usine. Alors que les vannes n'étaient même pas encore fermées. Il y avait déjà une panne sur l'usine".

Quel type de panne?

"C'était... La ventouse. Une ventouse."

Qui sert à quoi?

Yannick Xavier : "C'est ce qui permettait de purger l'air. Le circuit était déjà défaillant. Ce qui fait qu'il y avait déjà de l'eau qui s'écoulait à l'usine de la Comté. Donc c'est-à-dire, avant même le gros black-out, il y avait déjà un problème à l'usine qui était censée capter l'eau. Les vannes ont été réouvertes, apparemment, depuis samedi. Mais, pourquoi par exemple, sur le même secteur, Montabo, il y a de l'eau et la route de Baduel, il n'y a pas d'eau."

Et Montabo est alimenté par la Comté aussi?

Yannick Xavier : "Non. Ils sont alimentés par le même réservoir, en fait."

Qui est où ?

Yannick Xavier : "Au Rorota."

Mais le Rorota n'est pas touché.

Alain Balum : "Là, en ce moment, le réservoir du Rorota, je crois qu'ils l'ont étendu parce qu'il fallait donner de l'eau au préfet. Ils l'ont étendu, donc ils ont pu donner de l'eau au préfet. Mais ils n'ont pas pu donner de l'eau à l'hôpital. L'eau, tout le réseau d'eau, c'est Matoury qui alimente tout. Sachant qu'il y a un autre réservoir, petit Matoury, qui est rempli. Pourquoi on n'essaie pas de faire des jeux avec les réservoirs ? Parce que la population, il faut qu'elle sache que pour qu'on puisse alimenter la population en eau, on joue avec les réservoirs. Parce que les réservoirs sont trop petits par rapport au nombre de population qu'il y a."

Donc là, l'hôpital aurait pu recevoir de l'eau de ce petit réservoir?

Alain Balum : "Aujourd'hui, il y a des gens qui sont compétents pour aller sur le terrain, pour gérer ce problème. Parce que tous les jours, à chaque fois, on cache à la population. Oui, vous avez de l'eau, c'est bien. On vous laisse une heure sans eau. Mais c'est parce qu'il y a des gens sur le terrain qui sont compétents, qui arrivent à gérer tout ce problème-là. Aujourd'hui, nous sommes en grève. On fait, comment ? Au mois de mars, il y avait eu le même problème. "

Qu'est-ce qui est ressorti de la réunion ?

Yannick Xavier : "Les maires ont tenté de faire une médiation et de ramener la direction de la SGDE qui ne donnait plus de signe de vie depuis hier après-midi. On leur avait écrit pour leur dire qu'on leur donnait rendez-vous ce matin à 11h. Ils ne nous ont pas répondu. Là, on a proposé à ce que les négociations reprennent ce soir. Ils ont décliné notre invitation. Ils ont reporté à demain matin. Donc aujourd'hui, on a même fait une proposition de faire un protocole pour de la suspension de grève pour ce soir pour permettre de renforcer les équipes parce qu'il y a un problème sur le réseau et ils ne trouvent pas ce qu'il y a comme problème pour les alimenter. Donc les camarades qui sont grévistes aujourd'hui se proposent de venir en aide. Parce qu'en fait, ils ne comprennent pas comment le réseau d'eau n'a pas encore été rétabli à cette heure."

Donc là, que va t-il se passer alors ? Vous arrêter la grève ?

"On ne sait pas, ils ne nous ont pas encore répondu."

Vous attendez leur réponse ?

Yannick Xavier : "Oui. Il y avait une fausse rumeur qu'il n'y avait pas de dialogue alors que c'est faux. C'est la direction qui a interrompu les négociations samedi matin. On discutait, le protocole d'accord avançait. C'est eux qui ont interrompu la réunion. C'est tout. Donc aujourd'hui, nous, on attend qu'ils reviennent. On leur a écrit pour leur dire qu'il n'y a pas de problème. Que nous, on est prêt à revenir.

Donc aujourd'hui, il ne faut pas faire passer ce trouble et ce désordre sur le conflit social. Le système aujourd'hui d'alimentation en eau et de distribution d'eau est sous-dimensionné pour la demande aujourd'hui du nombre d'habitants sur la CACL. Donc, s'il y a une méconnaissance du réseau par rapport à la vétusté encore du réseau, ça cause ce trouble-là aujourd'hui, il y a des choix qui sont faits pour alimenter tel ou tel réseau au lieu de tel ou tel réseau. Et ça, ce n'est pas de notre fait. Parce que si, sur la route de Montabo jusqu'à Bourda, il y a de l'eau, on peut trouver un moyen de renvoyer l'eau du côté de l'hôpital. Et ça aurait pu être fait depuis bien longtemps."

C'est possible de le faire ?

Alain Balum : "ça sort du réservoir qui est rempli de Petit matoury. On peut jouer avec les deux réservoirs, avec les vannes. Il y a plein de choses à faire. On le fait au quotidien. Quand on sait que La Comté a un gros problème, qu'est-ce qui alimente la population de Cayenne ? Ce n'est pas le réservoir de Matoury, puisqu'il est bas. C'est vraiment le réservoir de Petit Matoury. Ils savent le faire là. Mais par contre, quand il y a un souci de grève, plus personne ne sait faire."

Il existe un réseau qui part de Rorota et qui arrive jusqu'à l'hôpital ?

Alain Balum : "Tous les réseaux sont maillés. Il y a des vannes qui séparent à chaque fois. On ne mélange pas l'eau du Rorota et Petit Matoury. Quand on fait des manœuvres de vannes, les eaux se mélangent. Là, on peut mélanger ! Bref ! Il y avait un réservoir qui était plein à Petit Matoury, on pouvait jouer avec les réservoirs pour alimenter l'hôpital, pour essayer de gagner un peu d'eau."

Et pourquoi ils n'ont pas fait ce choix-là ?

 Yannick Xavier : "Je ne sais pas. On ne sait pas. On est grévistes. En fait, c'est ce qu'il faut dire aujourd'hui. C'est-à-dire que la direction de la SGDE aujourd'hui a pris des décisions et a fait des choix. Parce qu'en fait, vous avez l'information. Le réseau est maillé. C'est-à-dire qu'un réservoir d'eau qui est sur Rémire peut alimenter Macouria en déplaçant les réseaux. Ce qui est sur la Comté peut alimenter Cayenne en déplaçant les réseaux. Donc, ça veut dire qu'il y a une possibilité technique et physique de pouvoir alimenter l'ensemble du réseau avec des baisses de pression ou avec des coupures partielles. Sauf qu'aujourd'hui, la direction de la SGDE n'a pas fait ce choix-là. Ils ont décidé de priver sciemment une partie de la population d'eau alors qu'ils ont les capacités parce que ça se fait.

Les techniciens l'ont dit, l'ont témoigné et peuvent vous l'écrire qu'ils ont l'habitude de le faire, de basculer d'un réservoir à un autre pour éviter les coupures. Là, aujourd'hui, depuis 48 heures, il y a des gens qui n'ont plus d'eau, de qui se moque t-on ? Donc, il y a une volonté manifeste de faire pourrir ce conflit et de salir le syndicat de l'UTG. C'est manifeste et c'est clair. C'est gros comme une maison ! Sauf qu'aujourd'hui, d'après les chiffres de la préfecture et de la CACL, il y a 70 000 personnes sans eau.
Pourquoi ? Parce qu'il y a des choix qui ont été faits par la direction de la SGDE."

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