Coupures d'eau : retour à la normale lundi ou mardi
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Coupures d'eau : retour à la normale lundi ou mardi

Fabienne BOLEA JOSEPH ; f.joseph@agmedias.fr
Une réunion s'est tenue en préfecture dimanche concernant les coupures d'eau à Cayenne et Matoury
Une réunion s'est tenue en préfecture dimanche concernant les coupures d'eau à Cayenne et Matoury • FABIENNE BOLEA JOSEPH

Le centre opérationnel zonal (COZ) s'est tenu à 16h ce dimanche. Les acteurs évoquent des sabotages et priorisent le retour de l'eau au centre hospitalier.

L'eau potable est interrompu depuis samedi dans des quartiers de Cayenne et Matoury. Il est estimé à 70000 le nombre de personnes impactées par ces coupures.
Au Centre hospitalier de Cayenne (CHC), plusieurs services manquent également d'eau. Les deux réservoirs du centre hospitalier sont actuellement réservés au service de dyalise et au SDIS.
Des bouteilles d'eau ont été distribués aux autres services. Ces derniers ne peuvent actuellement respecter scrupuleusement les obligations d'hygiène attendus d'un établissement de santé recevant du public. La direction du centre hospitalier a tenu une réunion de crise ce dimanche matin et passe "en mode dégradé pour assurer la continuité des soins", indique le CHU dans un communiqué.

L'eau estimée à la consommation des patients et du personnel est assuré par des bouteilles d'eau.
De l'eau osmosée sera utiliser dans les services prioritaires (réanimation, dialyse, stérilisation et laboratoire). Des patients seront potentiellement transférés au centre hospitalier de Kourou "si la situation le nécessite". Quant au service des Urgences, il reste ouvert mais fonctionne en "mode dégradé". Il est demandé de ne s'y rendre qu'en cas de réelle urgence.

"Une crise criminelle"


Le préfet, Antoine Poussier, considère "cette crise criminelle " et estime que l'alimentation du CHU est aujourd'hui une priorité. Des mesures d'alimentation en eau du centre hospitalier par les sapeurs pompiers ont été prises.

Une COZ (centre opérationnel zonal) a été mise en place dimanche après midi au sein de la préfecture. La présidente de la CACL et maire de Cayenne, Sandra Trochimara, le président de l'association des maires, Michel-Ange Jérémie ainsi que l'ARS, Patrice Albarel du centre hospitalier ou encore Philippe Folliasson, directeur général délégué de la SGDE étaient présents.

Antoine Poussier déclare avoir demandé à la SGDE de réquisitionner du personnel supplémentaire et de déposer plainte lundi 26 octobre.

Retour à la normale au maximum mardi

Philippe Folliasson indique que les vannes manipulées de manière frauduleuse l'ont été dans la nuit de vendredi à samedi au lieudit "dépôt de munition". L'augmentation des pressions suite à la fermeture des vannes  ont été constaté vers une heure du matin samedi et c'est vers 5h du matin que la nature délictueuse de l'acte a été constatée. "Ce sont de grosses vannes sur des canalisations de 400 à 500 mm. Quelqu'un qui aurait voulu faire un acte délictueux, ne connaissant pas les ouvrages n'aurait pas été en capacité de les manipuler donc ça suppose une bonne connaissance du réseau pour pouvoir actionner ces 4 vannes " révèle t-il. 
Philippe Folliasson que tout est revenu à la normale à l'usine de la Comté : "remplir un réseau qui est vide avec plusieurs milliers de mètre cubes d'eau prend du temps. Les niveaux remontent. Certaines canalisations sont déjà bien remplis mais il faut maintenant que ça atteigne les réservoirs de tête de Matoury et qu'ensuite ça aille aussi sur le réseau de distribution. Le service reviendra à la normale au maximum dans 48h."

Sandra Trochimara, présidence de la CACL indique qu'une autre réunion sera tenue dans les heures qui viennent, pour faire le point : "nous verrons en fonction de la cadence de retour de l'eau au sein du centre hospitalier, il est prioritaire." 
Quant au manque d'autonomie en eau du CHU, le sujet a été abordé durant la réunion. "Il reviendra au délégataire d'apporter des réponses plus satisfaisantes pour qu'un établissement hospitalier ne soit pas autant impacté, à un point où ça touche l'état sanitaire des usagers. " 

 L'hôpital est desservi par le réservoir de Baduel qui reçoit l'eau potable de l'usine de la Comté à Roura. " Le relier en plus au réservoir du Rorota ne serait pas possible sans des travaux lourds. On va réfléchir après la crise à ce qu'on pourrait faire pour l'hôpital mais ce ne sera pas obligatoirement des connexions autres que celles de la Comté", informe Sébastien Lubin, directeur de l'hydraulique et de l'environnement à la CACL,

Qui est responsable ?

l'UTG avait tenu samedi, dans un communiqué de presse à nier toute participation à des actes malveillantes entrainant des interruptions dans l'alimentation en eau potable.

Que risquent les responsables : En France, le fait de couper l'alimentation en eau potable d'usagers (hors interventions d'urgence) constitue un acte illégal qui excède l'exercice normal du droit de grève. Les auteurs de coupures d'eau sauvages ou de sabotages s'exposent à de lourdes sanctions pénales personnelles, allant de fortes amendes à des peines d'emprisonnement ferme, selon la nature de l'acte et l'ampleur des préjudices causés

Les responsables de sabotage du réseau d'alimentation en eau potable risquent :
- jusqu'à un an de prison et 15000 euros d'amendes si la coupure a causé une mise en danger de la vie d'autrui
- jusqu'à 75000 euros d'amende et 5 ans de prison pour destruction ou dégradation du réseau

- jusqu'à 225000 euros d'amende et 15 ans de détention criminelle en cas d'atteinte aux intérêts fondamentaux de l'état
- jusqu'à 10000 euros et 6 mois d'emprisonnement s'il y a refus d'exécuter un ordre de réquisition (dans le cas où le préfet ordonne le maintien d'un service minimal d'eau potable).

Un salarié gréviste ne peut pas s'abriter derrière le droit de grève ou son syndicat. S'il commet un acte de malveillance sur les réseaux (vannes cadenassées, coupure générale), sa responsabilité pénale personnelle est engagée.

La responsabilité pénale de l'exploitant ou du gérant de la régie d'eau peut également être retenue pour négligence s'il n'a pas donné de consignes strictes pour empêcher une pollution ou un incident lié à un arrêt brutal des flux.

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