La sécheresse frappe dur sur le Lawa
Les conditions météorologiques soulignent les disparités de vie des populations
Cette année, la situation sur le fleuve s'annonce dure sur le bassin du Maroni.
Ses habitants sont soumis aux caprices de la météo. Les cycles de sécheresse et de fortes pluies se succèdent à un rythme plus soutenu. Cette année, la sécheresse arrive tôt.
Le Maroni et le Lawa à leur niveau d'alerte
Mesuré à Grand-Santi, le fleuve a perdu la moitié de sa hauteur d'eau depuis la fin juillet. De 3,32 mètres le 18 juillet, il est passé à 1,70 mètre. Les roches affleurent de partout. Ces dangers que les piroguiers connaissent lorsqu'ils naviguent apparaissent au grand jour. Les bancs de sable deviennent des îlots et la navigation se complique. La circulation est déjà restreinte. Les bateaux embarquent moins de passagers et moins de fret vers l'amont.
Plus on remonte vers le sud et les terres de l'intérieur, plus la situation se dégrade. L'acheminement des denrées subit cette contrainte. Les chargements sont limités aux produits essentiels et les prix augmentent. Les pirogues en bois naviguent encore, mais les capitaines estiment que le transport pourrait bientôt se faire uniquement en barques en aluminium, avec des capacités de charge réduites et des tarifs en hausse.
Conditions de vie détériorées
Le fleuve rythme la vie des populations. La pluie permet aussi de remplir les citernes qui récupèrent l'eau des toitures. Aujourd'hui, elles sont vides. Il faut boire de l'eau en bouteille très coûteuse et parfois inaccessible.
Dans un village du Suriname, en amont de Grand-Santi, à trente minutes de pirogue, un habitant décrit le « système D » : « Pour boire, on achète l'eau en bouteille du Chinois et parfois on trouve un canot qui nous amène de l'eau de Mofina, en France, de l'autre côté. Pour cuisiner et se laver, on mélange de l'eau du fleuve, bouillie et additionnée d'un peu de javel. »
La lessive se fait avec l'eau du fleuve. Les plus beaux vêtements restent au placard dans l'attente d'une averse.
« L'après-midi, on cherche un peu d'ombre, mais là, sous les tôles, c'est un vrai four », raconte un habitant. Il n'y a pas de ventilateurs en service. Les groupes électrogènes ne fonctionnent qu'à la tombée de la nuit.
La situation inquiète les autorités. L'approvisionnement en eau potable est menacé sur l'ensemble du bassin hydrographique. À Saint-Laurent, des scénarios de crise sont étudiés pour faire face à un déficit d'approvisionnement. Les réserves auraient atteint leur niveau minimal.
L'eau du fleuve est déjà polluée par les substances chimiques issues de l'orpaillage.
Avec la baisse des débits, la contamination bactériologique suscite aussi des inquiétudes. Des milliers de personnes font leur toilette dans une eau impropre à cet usage et le risque sanitaire augmente.

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