Après un nouveau meurtre, l'inquiétude grandit à Camopi
Le meurtre récent de Tania Jean-Baptiste suscite des interrogations d'un chef coutumier et du maire de Camopi. Il s'agit au moins du troisième homicide de l'année dans la commune
Le meurtre violent de Tania Jean-Baptiste plonge Camopi dans le deuil. La femme d'une trentaine d'années, mère de plusieurs enfants, a été tuée le 23 septembre dernier, dans un écart de la commune, après avoir subi des violences. "La fille a été embarquée, tabassée, noyée. Il s'est déchaîné contre elle", décrit Laurent Yawalou, le maire de Camopi. Le corps de la victime a été retrouvé deux jours plus tard et une autopsie a été effectuée.
La procureure de la République, Aline Clérot, affirme que "le Parquet a pris ses responsabilités en faisant interpeller le mis en cause puis en sollicitant sa mise en examen pour meurtre en état d'ivresse manifeste et enfin son incarcération le 27 septembre." Selon nos informations, le suspect, un Wayampi de 22 ans, reconnait le meurtre.
Aucun élément ne permet à ce jour d'evoquer un viol, ajoute Aline Clérot.
Deux autres affaires récentes
Siméon Monerville, l'un des deux chefs coutumiers de Camopi s'inquiète de la situation : "Ce drame ne doit pas nous diviser. Nous devons agir ensemble pour que cela ne se reproduise plus. Trop de crimes restent sans punition. Trop de familles attendent justice. Cela doit cesser. La justice doit prendre ses responsabilités."
Siméon Monerville appelle aussi les habitants à "prendre nos responsabilités. Nous ne devons plus cacher les violences, les viols et les meurtres. Nous ne devons pas protéger une personne qui commet ces actes parce qu'elle est de notre famille. [...] Le silence laisse les victimes seules. Il permet aussi aux violences de continuer."
Le chef coutumier fait allusion à d'autres crimes récents survenus dans la commune. Le meurtre de Tania Jean-Baptiste serait le 3e de l'année à Camopi. Dans une première affaire, une femme aurait été tuée par balle par son mari. Celui-ci a ensuite retourné l'arme contre lui, mais il a survécu. Il est actuellement incarcéré. Dans une autre affaire conjugale, une habitante de la Camopi est accusée d'avoir tué son mari avec une arme blanche. Pour ces deux autres dossiers, le Parquet confirme : "les mis en cause sont actuellement détenus provisoirement." Deux ouvertures d'information judiciaires ont été sollicitées.
Dans l'affaire survenue fin septembre, le suspect et la victime n'avaient pas de lien de parenté direct.
"Tout cela est dû à l'alcool"
Le maire Laurent Yawalou constate avec dépit le déchaînement de violences extrêmes : "C'est un grave problème de société que j'essaie de comprendre. Les jeunes de Camopi sont en train de perdre la tête, je m'inquiète tous les jours."
"Tout cela est dû à l'alcool, c'est dans chaque affaire. Lorsque les jeunes reviennent à Camopi après leurs études, ils sont perdus entre deux mondes. Ils peuvent devenir violents." L'édile fait part d'un projet en construction de Contrat local de santé (CLS) avec l'Agence régionale de santé (ARS). Celui-ci s'appuierait sur un volet de prévention face à la consommation d'alcool et à la violence. La question des personnes qui seraient employées sur place n'a pas encore été fixée.
Concernant le meurtre le plus récent, une association d'aide aux victimes a été saisie pour intervenir auprès des proches de la personne décédée.

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