Eau potable en Outre-mer : l'Assemblée rejette la résolution du RN, le gouvernement veut accélérer
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Eau potable en Outre-mer : l'Assemblée rejette la résolution du RN, le gouvernement veut accélérer

Raphael Luce r.luce@agmedias.fr
L'Assemblée nationale en 2026.
L'Assemblée nationale en 2026. • AFP - AFP OR LICENSORS - BERTRAND GUAY

La proposition de résolution du Rassemblement national visant à garantir un accès continu à l'eau potable dans les territoires ultramarins a été rejetée ce jeudi 8 octobre à l'Assemblée nationale.

Le débat sur l'accès à l'eau potable dans les Outre-mer s'est soldé par un rejet. Examinée ce jeudi 8 octobre dans le cadre de la niche parlementaire du Rassemblement national, la proposition de résolution portée par la députée de Mayotte Anchya Bamana n'a pas obtenu la majorité à l'Assemblée nationale : 156 députés ont voté pour, 160 contre et six se sont abstenus.

Le texte demandait au gouvernement de mobiliser " sans délai " les moyens de l'État pour garantir un accès effectif et continu à l'eau potable dans les territoires ultramarins. Il prévoyait notamment que l'État puisse intervenir pour suppléer certaines défaillances locales.

Sur le fond, l'urgence sanitaire et les difficultés d'approvisionnement ne sont pas contestées. Réseaux vieillissants, pertes importantes, capacités de production insuffisantes et problèmes de gouvernance continuent de fragiliser le service de l'eau dans plusieurs territoires. Mais le gouvernement a estimé que la résolution ne constituait pas une réponse opérationnelle aux difficultés rencontrées.

" Le constat est réel ", mais pas de " réponse "

À l'Assemblée nationale, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a appelé au rejet du texte. " Elle part d'un constat réel, mais elle n'apporte pas de réponse ", a-t-elle déclaré, estimant que la mobilisation de l'État réclamée par la résolution était déjà engagée.

La ministre a notamment contesté le principe d'une substitution généralisée de l'État aux collectivités. Selon elle, l'enjeu est désormais de faire aboutir les investissements déjà programmés et d'accélérer leur réalisation sur le terrain.

Dans son intervention, Naïma Moutchou a toutefois reconnu les limites de l'action engagée : " Les réponses apportées ne sont pas encore à la hauteur des besoins. " Elle a cité parmi les difficultés persistantes les coupures d'eau, les tours d'eau, la dégradation des réseaux et les problèmes de production.

Le gouvernement met en avant le Plan Eau DOM, engagé en 2016. Entre 2016 et 2025, près de 774 millions d'eurosauraient été mobilisés pour les investissements, auxquels s'ajoutent des prêts et des crédits consacrés à l'accompagnement technique des collectivités.

La Guadeloupe au cœur des investissements

La situation guadeloupéenne a occupé une place importante dans le discours de la ministre. Elle a reconnu un réseau " extrêmement dégradé ", marqué par d'importantes pertes d'eau et des difficultés de gestion accumulées au fil des années.

Naïma Moutchou a rappelé la signature, en 2023, d'un contrat exceptionnel d'investissement renforcé associant l'État, le syndicat mixte chargé de l'eau, la Région et le Département. 65 millions d'euros ont depuis été versés, selon la ministre.

L'État finance également des assistants techniques chargés d'accompagner le syndicat sur l'ingénierie, la gestion budgétaire et la programmation des investissements. À cela s'ajoute un plan d'investissement d'urgence de 150 millions d'euros, proposé cet été par le Département pour réparer les fuites, renouveler les branchements et moderniser les réseaux.

" C'est un travail considérable. Mais nous savons qu'il faut faire mieux ", a reconnu la ministre.

Mayotte et la Martinique également concernées

À Mayotte, le gouvernement annonce une programmation de 730 millions d'euros pour l'eau sur la période 2025-2031. Parmi les projets cités figurent notamment l'usine de dessalement d'Ironi Bé et la troisième retenue collinaire d'Ourovéni. L'objectif affiché est d'augmenter la production, sécuriser les ressources et renforcer les capacités de stockage.

En Martinique, Naïma Moutchou a également évoqué la question de la gouvernance. La loi du 30 juin 2026 permet à la Collectivité territoriale de Martinique de créer une autorité unique de l'eau et de l'assainissement. Une évolution présentée par la ministre comme une piste pour simplifier l'organisation du service.

Le rejet de la résolution ne met donc pas fin au débat sur l'eau potable dans les Outre-mer. Il renvoie désormais le gouvernement et les collectivités à un même impératif : transformer les financements annoncés et les projets programmés en travaux effectivement réalisés, alors que les difficultés restent quotidiennes pour une partie des populations ultramarines.

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