Grève enseignante : les professeurs dénoncent une baisse de moyens jamais vue
346 élèves au collège avec quatre classes en plus en 2026
La soixantaine d'enseignants grèvistes qui ont participé à la marche de ce mardi 17 mars souhaite avoir 20 élèves par classe en collège et 25 en seconde, contre des niveaux actuels pouvant atteindre 30 élèves.
Ils pointent une évolution jugée contradictoire entre démographie scolaire et moyens éducatifs. " On va gagner 346 élèves au collège avec quatre classes en plus. Je ne sais pas comment autant d'élèves rentrent dans quatre classes. Dans le même temps, on a une baisse de 925 heures postes [ 50 équivalent temps plein]", précise Florent Hennion, FSU.
Pour être concret, les établissements ont 925 heures en moins d'enseignement mais le rectorat ne supprime pas 50 postes. On serait sur une suppression de 4 postes effectives dans le second degré. "Le rectorat se garde une részerve horaire très importante pour avoir recours aux contractuels", dénonce un syndicaliste.
Selon Florent Hennion, ces réductions entraînent la suppression de dispositifs d'accompagnement, comme les groupes de besoins en français ou en mathématiques et accentuent "les difficultés scolaires".
"Travailler plus avec moins de moyens"
Les organisations de l'intersyndicale dénoncent aussi le recours accru aux heures supplémentaires. " On dit aux enseignants qu'ils vont travailler plus sans choix, avec moins de moyens ", ajoute-t-il.
" Il y a une augmentation des élèves et une baisse des heures. On ne peut pas avoir plus d'élèves avec moins de moyens. Nous avons besoin d'une centaine de cadres supplémentaires ", affirme Bruno Niederkorn, représentant du Steg-UTG. Il souligne des résultats scolaires en net recul, avec " plus de 50 % des élèves en difficulté en français ou en mathématiques en sixième " et " 45 % d'une classe d'âge qui obtient le baccalauréat contre 85% en France. "
Au-delà des postes d'enseignants, les besoins concernent les personnels éducatifs et médico-sociaux : conseillers principaux d'éducation, assistants d'éducation, psychologues et infirmières scolaires. 15 postes d'assistantes sociales supplémentaires seraient nécessaires dans le second degré.
Un an plus tard
Le mouvement fait suite à un protocole signé un an plus tôt avec le rectorat, qui prévoyait un travail sur les effectifs. Les syndicats estiment que ces engagements n'ont pas été suivis d'effets. " On est sur une journée anniversaire", ironise le syndicaliste qui menait déjà un mouvement similaire le 17 mars 2025.
À ce stade, aucune annonce de reconduction du mouvement n'a été formalisée. Une réponse du rectorat sur la situation est attendue dans la journée.

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