Suriname : deux décès d'orpailleurs illégaux autour de Rosebel
Neuf personnes ont été chassées des lieux après un tir deux d'entre elles seraient tombées dans la fosse minière
Depuis 2023, les drames se succèdent sur le site exploité par la compagnie ZiJin à Rosebel, près de la frontière nord avec la Guyane. Des pilleurs d'or tentent de glaner une part de l'activité industrielle, et leurs imprudences entraînent des accidents à répétition. Deux hommes sont décédés à la suite d'un accident dans la zone de Royal Hill. L'enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes
Le terme d'argot anglais « porknokkers » désigne ceux qui se risquent aux abords des activités minières industrielles pour capter (ou voler) du minerai en marge de l'extraction mécanique. Le contexte est ainsi très tendu entre l'exploitant industriel chinois ZiJin et les populations locales, qui revendiquent leur droit à bénéficier de cette activité.
La zone est riche en or. Lorsque les exploitants de la mine procèdent à des tirs d'explosifs, des orpailleurs illégaux se risquent, après les détonations, à s'approcher des débris pour tenter de récupérer de l'or contenu dans les roches. À la suite d'une série d'incidents, des forces de sécurité ont été déployées pour surveiller les opérations. Dimanche, il semble que neuf personnes aient été chassées des lieux après un tir et qu'au cours de leur fuite, deux d'entre elles seraient tombées dans la fosse minière. Des unités spécialisées, ainsi qu'une unité de l'armée, ont été maintenues sur zone afin de prévenir toute escalade. Les récents incidents font craindre des représailles contre les équipements miniers.
En novembre 2023, quatorze personnes avaient été ensevelies lors d'un éboulement en marge de ces activités de pillage d'or. Le drame avait suscité indignation et promesses de régulation entre l'opérateur minier et les orpailleurs artisanaux. L'actualité récente montre que la situation n'a guère évolué.
Le 25 janvier de cette année, dans des circonstances similaires, un décès avait déjà été enregistré : un homme était tombé d'une falaise de la mine à la suite d'une évacuation par les forces de sécurité. Des engins miniers avaient alors été incendiés. Le 25 février, la police et l'armée du Suriname étaient intervenues à Nieuw Koffiekamp pour détruire 70 campements d'orpailleurs illégaux menant des activités parasites autour de la concession de Rosebel.
Entre appât du gain et droits tribaux
Nieuw Koffiekamp désigne le village reconstruit après la destruction du site originel, consécutive à la mise en eau du barrage qui servait les intérêts d'Alcoa, opérateur de la bauxite. Historiquement, ces populations estiment avoir été, une nouvelle fois, dépossédées par une activité industrielle.
C'est dans ce contexte de revendications foncières tribales qu'il faut comprendre la situation. L'attrait de l'or, lié à son prix élevé, ainsi que l'absence de structure organisée pour encadrer l'orpaillage illégal, viennent aggraver les tensions. Une activité artisanale mieux encadrée apparaît nécessaire pour limiter les accidents. Parallèlement, une communication plus efficace de la part du groupe industriel est indispensable pour favoriser une cohabitation durable.

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