Suriname : fleuves contaminés, l’orpaillage face à ses limites
Des communautés indigènes aux industriels, tous ont pu s'exprimer. La conclusion est sans appel : il faut passer à l'action
Partager les expériences, du Brésil jusqu'au Guyana, sur l'orpaillage à petite échelle, était le thème du séminaire du 17 avril à Paramaribo. Cette journée a permis une description sans fard de l'activité. La contamination des rivières et des fleuves par des minéraux comme le mercure ou le cyanure atteint des niveaux alarmants pour la santé.
Le docteur Pignoux, qui a trente ans de pratique du sujet sur les bords du Lawa, a produit une consternante présentation du niveau de risque toxicologique infligé aux habitants du fleuve. Il était rejoint dans ses propos par les témoignages de Jupta Itoewaki, de l'association Wayana, et, depuis le Brésil, par Clara Opoxina, représentant les Yanomami.
Les populations se sentent spoliées
À l'empoisonnement par le mercure, il a été également souligné la contamination de l'eau par des bactéries fécales. Aussi grave, la turbidité de l'eau, chargée des boues de l'orpaillage, empêche la lumière d'atteindre le phytoplancton.
La chaîne alimentaire, basée sur les poissons, est ainsi brisée. Les témoignages des communautés amérindiennes étaient poignants de fatalité, et révélaient une certaine colère. L'intervention du représentant surinamais des communautés marronnes du fleuve fut remarquée lorsqu'il apostropha les représentants du gouvernement brésilien présents : " Quand allez-vous faire rentrer vos ressortissants au Brésil ? Avant leur arrivée, nous n'avions pas ce problème. "
Il est clair que les pistes répressives pour endiguer l'orpaillage illégal montrent leurs limites. La recherche de l'or est basée sur celle du profit. " Les orpailleurs réussissent, plus vite que nous, l'objectif d'intégration régionale ", devait constater l'ambassadeur de France, au Suirname, M. De Lacoste, parlant de l'efficacité opérationnelle de ce secteur informel. " L'amélioration de la situation viendra de l'intérieur de la profession ", conclut les participants de la conférence.
L'innovation d'Ocim au Pérou
Offrir une option non contaminante et assurant de meilleurs rendements extractifs : c'est l'innovation que la société française Ocim a développée au Pérou. Il s'agit de collecter le minerai concentré mécaniquement par les orpailleurs pour le traiter dans un centre ultra-performant, avec un procédé chimique contrôlé. L'or est extrait en cuves au cyanure fermées et les rendements sont plus rémunérateurs. C'est une solution " gagnant-gagnant ", comme l'expose son PDG Laurent Mathiot.
Une manière de faire adhérer les orpailleurs à cette formule, grâce à des profits supérieurs à ceux permis par le traitement au mercure. L'or ainsi produit bénéficie d'une garantie de traçabilité, appréciée d'une certaine clientèle. L'adaptation au plateau des Guyanes n'est pas forcément simple, mais sera peut-être mise à l'étude.
L'adhésion, plutôt que la répression, est peut-être la solution.

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