À Cayenne, 55 personnes deviennent officiellement françaises
Une cinquantaine de personnes originaires de treize pays différents ont reçu leur décret de naturalisation lors d'une cérémonie officielle à Cayenne
Cinquante-cinq personnes, dont 51 présentes, ont reçu leur décret de naturalisation, jeudi 7 mai, lors d'une cérémonie officielle organisée à la préfecture. Elles sont originaires de treize pays : Bénin, Brésil, Chine, Colombie, Côte d'Ivoire, Guinée, Haïti, Pérou, République du Congo, République dominicaine, Sénégal, Suriname et Togo.
Dans la salle, l'émotion se mêle à la solennité. Cette cérémonie, portée par les services de l'État, marque l'entrée officielle dans la citoyenneté française. Droits, devoirs, engagement : autant de notions rappelées en ouverture par la sous-préfète Jenny Köhler, qui évoque une histoire personnelle faite de transmission. " Mes arrière-grands-parents n'étaient pas français. Quelqu'un a fait cette démarche pour eux. Aujourd'hui, c'est à mon tour de la faire pour d'autres. "
"Aujourd'hui c'est écrit noir sur blanc."
Derrière les nationalités, il y a des parcours singuliers, souvent construits sur plusieurs années. Florence, originaire du Togo, a grandi en Guyane dès l'âge de 9 ans. " J'ai fait toute ma scolarité ici ", raconte-t-elle. Sa naturalisation vient consacrer un sentiment déjà présent. " Je me sentais déjà française, aujourd'hui c'est écrit noir sur blanc."
Après un parcours dans l'hôtellerie de luxe en Hexagone, elle a tenu à revenir pour la cérémonie. " C'est normal de venir remercier les acteurs qui m'ont permis d'avoir la nationalité. Puis ce que ça m'apporte, c'est aussi une ouverture au monde. On peut voyager plus facilement."
Des droits nouveaux et des perspectives
Pour Simone, arrivée du Brésil il y a vingt-cinq ans, cette naturalisation marque l'aboutissement d'un projet de vie. Assistante maternelle, elle est la première de sa famille à franchir le pas. " Avoir une carte de séjour, c'est une autorisation d'être sur le territoire. La naturalisation, c'est appartenir au pays. " Elle évoque surtout l'accès au vote et à la participation citoyenne, longtemps hors de portée. " J'ai toujours voulu découvrir plein de choses, m'ouvrir au monde de la politique et c'est vrai que je n'avais pas trop mon mot à dire car je n'étais pas française. J'essayais de m'investir mais là ça se concrétise."
Sans renier ses origines, elle affirme son attachement à la Guyane, où elle a construit sa vie, et à son pays de cœur le Brésil.
Comme elle, Jeff, arrivé d'Haïti en 2016, voit dans cette naturalisation un tournant. Mécanicien, il a engagé sa demande en 2023. " Au départ, c'était pour le travail. Puis c'est devenu un projet de vie. " Après plusieurs années de démarches, il envisage désormais d'intégrer l'armée, une perspective jusqu'alors inaccessible. " La démarche était très longue, il y avait beaucoup de papier à ramener. Aujourd'hui c'est plus qu'un soulagement."
Tous évoquent des démarches longues et de nombreuses pièces administratives à fournir.

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