Maripasoula endettée l'emploi communal menacé
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BUDGET

Maripasoula endettée l'emploi communal menacé

Fabienne BOLEA JOSEPH
Jonathan Abienso après sa victoire aux municipales de Maripasoula. La lune de miel aura été de courte durée pour le nouveau maire.
Jonathan Abienso après sa victoire aux municipales de Maripasoula. La lune de miel aura été de courte durée pour le nouveau maire. • MATTHIEU AUDIFFRET 2026

Une quarantaine d'emplois risquent de disparaître

Quelques semaines après l'élection du nouveau maire, l'effervescence est retombée à Maripasoula après l'annonce, par Jonathan Abienso, du montant de la dette municipale : 1,8 million d'euros à combler. Une quarantaine d'emplois sont menacés.

L'ancien maire, Serge Anelli, avait affirmé, lors de la dernière campagne électorale, que 11 millions d'euros de trésorerie étaient disponibles dans les comptes de la mairie pour financer les projets qui permettraient de développer Maripasoula en cas de victoire.

 

 

Trente-huit projets en cours, débutés sous la mandature Anelli, devront être achevés par la nouvelle équipe avec six millions d'euros de trésorerie disponibles selon Jonathan Abienso. La majorité devra se serrer la ceinture pour éviter d'étendre la dette à d'autres secteurs du budget.

Pas de recrutement

On connaît la recette : pas de remplacements des départs à la retraite et des licenciements ou des non-reconductions de contrats, principalement des catégories C. Une décision déjà prise par délibération sous l'ancienne mandature, selon Jonathan Abienso.

" La commune a une forte dépendance aux subventions de l'État. Aujourd'hui, les charges de personnel représentent plus de 73 % du budget de fonctionnement. Une collectivité ne peut pas fonctionner essentiellement pour payer des salaires ", regrette-t-il. Accompagnée d'un cabinet RH et d'un consultant financier, l'équipe municipale se donne " un à deux mois pour trouver la bonne formule ".

Jonathan Abienso assure qu'il souhaite avant tout " chercher des solutions alternatives " à une perte d'emploi pure et simple pour certains de ses administrés, mais confie : " Si l'assiette fiscale était plus conséquente, j'aurais plus d'espoir, mais l'impôt direct ne représente que 200 000 euros du budget de la commune, c'est très, très faible ! "

 

 

L'une des solutions avancées serait l'insertion par l'activité économique via l'association Soula, qui aurait besoin d'être restructurée selon le maire.

Quand l'ancienne équipe priorisait l'emploi d'agents de catégorie C, l'équipe actuelle veut engager davantage de cadres. Une décision que le maire considère comme un investissement pour la commune : " Mon objectif, c'est d'animer le territoire, d'avoir une équipe d'encadrement plus conséquente qui permettra de développer et soutenir les projets. Si aujourd'hui, il y a autant de projets en cours, c'est que dans les services, il n'y a pas suffisamment d'encadrants, donc ils ne peuvent pas suivre correctement les différents chantiers. "

Cela passera, ajoute-t-il, par une restructuration des services. Pour Jonathan Abienso, le remplacement d'agents de catégorie C par des agents de catégorie A avec le recrutement d'un responsable des affaires financières dont le salaire est plus élevé, n'est donc pas paradoxal et permettra malgré tout de réduire le déficit grâce à un fonctionnement plus structuré des services municipaux.

En attendant, la priorité à court terme est, outre la résorption de la dette, de terminer les chantiers en cours afin de " garder la confiance des investisseurs et ne pas perdre les subventions ".

Zone franche souhaitée

À long terme, la commune veut attirer des investisseurs privés dans les secteurs du BTP, de la logistique ou encore du commerce de distribution en facilitant leur implantation à Maripasoula. " Nous serons là pour la partie foncière et l'installation ", affirme Abienso.

Le nouveau maire veut aller encore plus loin et espère obtenir la coopération de l'État et des parlementaires afin d'établir une zone franche sur sa commune et ainsi concurrencer ce qu'il appelle " l'agressivité commerciale d'Albina 2 ".

 

 

 

Quant à la menace de mise sous tutelle, Jonathan Abienso ne s'en inquiète pas : " Nous allons proposer rapidement un plan de rééquilibrage aux différents services de l'État. Nous sommes confiants et n'avons pas à avoir peur d'une quelconque tutelle. "

Les Maripasouliens seront peut-être fixés le 3 juin, lorsque la Chambre régionale des comptes rendra public son rapport sur l'état financier de la commune.

 

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