Emmanuel Macron relance le chantier de l'évolution statutaire pour la Guyane
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes

Emmanuel Macron relance le chantier de l'évolution statutaire pour la Guyane

Raphael Luce r.luce@agmedias.fr
Gabriel Serville à l'Élysée.
Gabriel Serville à l'Élysée. • ALFRED JOCKSAN

Emmanuel Macron a reçu, ce jeudi 21 mai, une délégation d'élus guyanais à l'Élysée. À la sortie de cette rencontre, le président de la Collectivité territoriale de Guyane, Gabriel Serville, a salué une reprise du dialogue tout en réaffirmant la volonté de la Guyane d'obtenir un statut “sui generis”.

C'est dans un contexte hautement symbolique que les élus guyanais ont retrouvé Emmanuel Macron ce jeudi à l'Élysée. Quelques heures avant la cérémonie consacrée aux 25 ans de la loi Taubira, le chef de l'État a reçu une délégation venue évoquer un dossier sensible : l'évolution institutionnelle et statutaire de la Guyane.

Une rencontre réclamée depuis plusieurs mois par les élus du territoire. " Après un an d'attente, le président a accepté de recevoir une délégation d'élus de Guyane pour parler de cette question épineuse ", explique Gabriel Serville à la sortie de l'Élysée.

Selon le président de la Collectivité territoriale de Guyane, le sentiment dominant était jusqu'ici que " tout était fait pour ne pas parler du sujet ".

Le “sui generis” au cœur des discussions

Face aux élus guyanais, Emmanuel Macron aurait présenté deux pistes institutionnelles possibles. La première correspond précisément à la revendication portée par le Congrès des élus de Guyane : un statut “sui generis”, reposant sur une autonomie institutionnelle spécifique inscrite dans la Constitution.

" Nous avons très clairement répondu que nous n'avions pas été mandatés pour parler de l'article 74 ", insiste Gabriel Serville. " Nous avons le statut sui generis chevillé au corps. C'est exactement cela que nous voulons et rien d'autre. "

Le président de la République aurait néanmoins prévenu que cette voie serait " longue et difficile ", notamment en raison de la nécessité de réunir les trois cinquièmes du Congrès pour toute révision constitutionnelle.

En alternative, Emmanuel Macron a évoqué la possibilité d'un basculement vers l'article 74 de la Constitution, qui régit notamment les collectivités d'outre-mer disposant d'une large autonomie. Une option immédiatement écartée par les élus guyanais.

Reprise des négociations avec l'État

À défaut d'accord immédiat, la réunion aura permis de relancer officiellement les discussions interrompues après le départ de Manuel Valls du ministère des Outre-mer.

" Nous avions déjà bien avancé sur un calendrier de travail avec des contenus thématiques précis ", rappelle Gabriel Serville. " Tout cela avait été stoppé avec les changements successifs de ministres. "

Le chef de l'État a désormais demandé au ministère des Outre-mer de reprendre les échanges avec les élus guyanais, accompagnés d'experts mandatés par le gouvernement et par la Collectivité territoriale de Guyane.

Objectif fixé : remettre une copie d'ici fin septembre afin d'évaluer les possibilités d'évolution institutionnelle.

" On peut attendre encore "

Lucide sur les obstacles politiques à venir, Gabriel Serville reconnaît que l'issue dépendra largement du contexte parlementaire et des équilibres politiques après les prochaines échéances nationales.

" S'il faut attendre encore un an, deux ans ou davantage, ce n'est pas le plus important ", estime-t-il. " Nous avons attendu 70 ans pour obtenir une évolution institutionnelle digne de ce nom. "

Le président de la CTG dit surtout attendre " une parole forte de l'État " garantissant une continuité du processus au-delà du quinquennat d'Emmanuel Macron.

Les élus guyanais doivent désormais rencontrer les différents groupes politiques à l'Assemblée nationale et au Sénat afin d'évaluer les soutiens possibles à une réforme constitutionnelle spécifique à la Guyane.

Des annonces jugées insuffisantes sur les réparations

Quelques heures plus tard, lors de la cérémonie organisée à l'Élysée autour de la loi Taubira, Gabriel Serville a également réagi aux annonces du chef de l'État sur la mémoire de l'esclavage et les réparations.

S'il a salué " un très beau discours empreint d'émotion " de Christiane Taubira, le président de la CTG estime qu'Emmanuel Macron " ne va pas suffisamment loin ".

" La réparation, ce n'est pas donner de l'argent à chaque individu ", affirme-t-il. " C'est permettre à ces territoires qui ont connu l'esclavage de mieux prospérer et d'assurer un meilleur développement. Et ce n'est pas du tout le cas de la Guyane aujourd'hui. "

Concernant l'abrogation officielle du Code noir, soutenue par le président de la République, Gabriel Serville parle d'un geste important mais " du strict minimum du minimum ".

Palais de l'Élysée à Paris.
Palais de l'Élysée à Paris. • RL

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger