Deux Guyanais ont déserté le front ukrainien et se retrouvent emprisonnés
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Deux Guyanais ont déserté le front ukrainien et se retrouvent emprisonnés

Gérôme GUITTEAU, g.guitteau@agmedias.fr
Une photo de propagande de l'unité ukrainienne Revanche internationale, spécialisée dans le recrutement des étrangers.
Une photo de propagande de l'unité ukrainienne Revanche internationale, spécialisée dans le recrutement des étrangers. • DR

Les deux hommes ont été remis à une unité du renseignement ukrainien nommée Revanche internationale

Deux Guyanais, l'un âgé de 28 ans et l'autre proche de la trentaine, se sont enrôlés dans les forces ukrainiennes en fin d'année.

Ils sont aujourd'hui emprisonnés en Ukraine après avoir déserté le front depuis près de quinze jours.

Le député Jean-Victor Castor a été prévenu il y a dix jours. Avec son collègue Davy Rimane, il a alerté la cellule de crise du Quai d'Orsay.

 

Une unité de combattants étrangers en Ukraine.
Une unité de combattants étrangers en Ukraine. • DR

 

L'ambassade de France en Ukraine, après ce signalement, est entrée en contact avec l'un d'eux. Les deux hommes ont été remis à une unité du renseignement ukrainien nommée Revanche internationale, chargée de préparer des volontaires étrangers au terrain.

 

Reportage de France info

 

Leurs passeports ont été confisqués par la hiérarchie militaire mais " il n'est pas question de les exécuter. Ils devraient passer un sale quart d'heure, quand même ", précise Jean-Victor Castor.

Un retour avorté

Les deux Guyanais, originaires de Saint-Georges, devaient être remis à l'ambassade de France vendredi dernier, puis mardi. " Nous sommes sans information depuis. C'est la raison de ma sortie médiatique, afin de leur apporter une protection politique et diplomatique. Ma plus grande crainte, c'est qu'ils soient renvoyés sur le front ", analyse le parlementaire.

Recrutés via les réseaux sociaux

M. et S. ont été enrôlés dans cette guerre après avoir été refusés par l'armée française. Des recruteurs brésiliens rencontrés sur les réseaux sociaux leur ont promis un contrat de six mois. Sur le site officiel de recrutement de l'unité ukrainienne, les salaires varient de 1 400 à 3 300 dollars par mois. Nous n'avons aucune connaissance de la teneur de ces contrats.

" Quand ils sont arrivés, ils ont été transférés auprès d'Ukrainiens. À partir de là, tout s'est déroulé en ukrainien, y compris la signature des contrats, qui n'étaient plus de six mois mais de trois ans ", raconte l'élu.

Après un passage sur le front, sous un épais manteau de neige, les deux Guyanais décident de s'enfuir vers la Moldavie. Ils réussissent mais les autorités moldaves les ont remis aux autorités ukrainiennes, qui les accusent de désertion et les renvoient à Kyiv, la capitale de l'Ukraine [Kiev est le nom russifié].

S. réussit à passer un coup de fil à sa famille et à envoyer sa géolocalisation avant que toute communication ne soit coupée. C'est à ce moment-là, fin décembre, que le député est contacté par la famille.

Ce jeudi, le député en profite pour sensibiliser les familles et les Guyanais tentés par l'aventure paramilitaire : "Je rappelle que dans l'histoire, les gens de nos pays sont utilisés comme chair à canon."

Une vigilance importante à rappeler alors que les conflits se multiplient dans le monde comme l'exemple vénézuélien à nos fenêtres.

 

 

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