Leasing social : une victoire pour les Antilles, mais un combat loin d’être gagné
Le député socialiste Jiovanny William l’a annoncé ce mardi 7 juillet : le leasing social est désormais accessible en Martinique, Guadeloupe et Guyane. Une bonne nouvelle pour les travailleurs modestes des Outre-mer, qui vont pouvoir accéder à des véhicules électriques ou hybrides à loyer abordable.
Pour les Guadeloupéens, Martiniquais et Guyanais, posséder une voiture n’est pas un luxe. C’est une nécessité pour trouver et conserver un emploi. Pourtant, jusqu’à présent, le leasing social, dispositif de mobilité électrique pour les ménages modestes, s’arrêtait aux portes des Outre-mer. Le député Jiovanny William s’est battu pour faire bouger les lignes. « J’ai saisi le Premier ministre en 2024. Relancé le ministère des Transports en 2025. Puis en 2026 », a-t-il rappelé ce mardi. Ce matin, la réponse est tombée : le leasing social est officiellement ouvert aux Antilles et à la Guyane. Dès le 16 juillet, 50 000 véhicules seront disponibles, avec des conditions améliorées. Les loueurs peuvent constituer les dossiers dès maintenant.
Sur le papier, le leasing social s’applique à toute la France, DROM compris. Sur le terrain, l’histoire est plus compliquée. Lancé en janvier 2024, le dispositif avait purement et simplement ignoré les Antilles et la Guyane lors de sa première édition. En 2025, seule La Réunion a pu en bénéficier. En Guadeloupe, Martinique et Guyane, le portail affichait « indisponible ». Le 21 octobre 2025, le député guadeloupéen Olivier Serva (LIOT) avait interpellé le gouvernement à l’Assemblée nationale, réclamant l’accès à 10 000 véhicules pour les antillais et les guyanais. La réponse du ministre de l’Économie Roland Lescure : saisir le préfet de Guadeloupe pour « comprendre ce qui bloque ». « Il n’a tout simplement pas été pensé pour la Guadeloupe, la Martinique ou la Guyane », avait alors déploré le député.
Les verrous qui freinent le dispositif aux Antilles
Il est important d’identifier les obstacles qui rendent le dispositif inapplicable tel quel dans les îles. Premier obstacle : le prix des véhicules neufs est supérieur de 10 % en raison du transport maritime et de l’octroi de mer. Deuxième obstacle : les taux d’intérêt bancaires sont plus élevés aux Antilles, ce qui alourdit les mensualités. Troisième obstacle : la valeur de rachat est plus faible, car l’ensoleillement, le sel marin et l’état des routes dégradent les véhicules plus rapidement. Quatrième obstacle : l’octroi de mer n’est pas exonéré pour les véhicules électriques, contrairement à La Réunion où cette exonération permet d’atteindre les mêmes mensualités qu’en métropole.
Le contraste entre La Réunion et les Antilles illustre l’inégalité de conception du dispositif. La Réunion bénéficie d’une fiscalité spécifique, absence d’octroi de mer, qui permet aux concessionnaires réunionnais de proposer des mensualités compatibles avec les plafonds nationaux. Aux Antilles, les mêmes conditions économiques ne sont pas réunies. Résultat : les ménages guadeloupéens et martiniquais, souvent plus précaires, sont exclus d’un dispositif qui devrait en théorie leur être accessible en priorité.
Une vigilance collective nécessaire
Si la nouvelle est accueillie avec satisfaction, Jiovanny William appelle à la vigilance. « Il nous reste une vigilance collective à exercer : que les concessionnaires jouent le jeu », a-t-il déclaré. Il invite les habitants à relayer l’information et à s’assurer que les professionnels respectent leurs engagements. « Je compte sur vous pour relayer l’information. Et sur eux pour être au rendez-vous », conclut-il.

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