Centrale du Larivot : le chantier entre dans sa phase décisive
La mise en service d'un premier moteur est attendue d'ici fin 2026, suivi par les six autres d'ici au premier trimestre 2027 pour une capacité de 120 MW.
La centrale bioénergie du Larivot, construit par EDF PEI, dont le chantier a repris mi-2023 avec les travaux de génie civil, est entrée dans une phase de montage électromécanique début 2025.
" Aujourd'hui, on a monté à peu près 70 % des tuyauteries et la moitié des câbles ", indique Erwan Collet, directeur de projet. Environ 600 mètres de câbles ont déjà été posés. La mise en service progressive a débuté sur les premières installations terminées. " On a un objectif de mettre en service le premier moteur d'ici la fin de l'année, et ensuite les autres moteurs suivront au cours du premier trimestre 2027".
Une capacité proche du pic de consommation
La centrale comptera sept moteurs pour une puissance totale de 120 MW.
" C'est proche de la consommation de pointe de la Guyane qui est de 150 MW. Cette centrale, en termes de capacité, serait quasiment capable d'alimenter l'ensemble du territoire ", précise Erwan Collet. Chaque moteur porte une capacité de 16 MW qui démarre "en un quart d'heure".
Sa fonction reste la sécurisation du réseau électrique. " Elle a la capacité de s'adapter en temps réel à la consommation, de compenser l'intermittence des énergies renouvelables, voire la panne d'un autre moyen de production."
De la biomasse liquide à base de colza
Le site fonctionnera à partir de biomasse liquide, un carburant d'origine végétale. Ici, il s'agit d'huile de colza. Par rapport au fioul, ce choix permet de " diviser les émissions de CO₂ par trois à quatre fois. Le biocombustible n'est pas polluant, il se dilue dans l'eau et n'a pas d'impact sur l'environnement."
Dans la salle des machines, chaque moteur est couplé à un alternateur. " En tournant, le moteur fait tourner l'alternateur et produit de l'électricité qui est injectée sur le réseau guyanais et que vous retrouvez chez vous ", explique Jean-Baptiste Nardelli, directeur de la centrale.
L'électricité est ensuite acheminée vers des transformateurs puis vers le poste d'évacuation. " Le poste centralise l'électricité pour la renvoyer sur les pylônes. Là, on est quasiment à la prise de votre four ou de votre télé. "
Approvisionnement depuis Dégrad-des-Cannes
Le combustible est acheminé depuis le port de Dégrad-des-Cannes via une canalisation enterrée de 14 kilomètres jusqu'aux réservoirs du site. Des navires assurent l'approvisionnement, avant transfert vers les cuves puis vers les moteurs.
L'implantation au Larivot s'explique par les contraintes réglementaires. " On n'est pas en capacité de construire une installation à côté des sphères de gaz, en raison des zones de danger ", rappelle Erwan Collet.
À terme, 79 salariés feront fonctionner la centrale, répartis entre l'équipe de maintenance et le service de conduite. La majorité des effectifs provient de l'ancienne centrale de DDC. " J'ai aujourd'hui 95 % de mes salariés issus du site actuel. L'objectif est de rester au-dessus de 90 %", annonce Jean-Baptiste Nardelli.
Un programme de formation accompagne cette transition. " On a estimé à 140 heures de formation par salarié pour maîtriser un outil neuf, moderne et très numérisé " contre 35 heures pour une formation EDF classique.
La mise en service complète de la centrale est attendue en 202. Le coût du projet est estimé à plus de 600 millions d'euros avec des retombées économiques estimées, selon EDF, à 150 millions d'euros sur la période du chantier.

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