«Au Guyana, au Suriname ou au Brésil, il n'y aurait même pas eu de procès» : les avocats des parties civiles plaident pour l'intransigeance
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes
8s
×
Justice — Tentative de meurtre de policiers

"Au Guyana, au Suriname ou au Brésil, il n'y aurait même pas eu de procès" : les avocats des parties civiles plaident pour l'intransigeance

Tristan DEREUDDRE, t.dereuddre@agmedias.fr
Les réquisitions du parquet sont attendues ce vendredi 17 janvier, à partir de 8h.
Les réquisitions du parquet sont attendues ce vendredi 17 janvier, à partir de 8h. • G.T.

Au 4ᵉ jour du procès, les avocats des parties civiles réclament une grande fermeté à l'égard des quatre braqueurs.

Le 4ᵉ jour du procès des quatre braqueurs mis en cause pour tentative de meurtre de policiers s'est déroulé ce jeudi 16 janvier. Ce matin, les expertises psychologiques ont été présentées pour déterminer la personnalité des prévenus. Les avocats des parties civiles ont livré leurs plaidoiries cet après-midi. Tous incitent les jurés à faire preuve de la plus grande fermeté.

Manque de coopération juridique

Maître Alex Leblanc est le premier à avoir pris la parole. À la barre, il affirme ne pas être dupe : "Pendant ce procès, certains se présentent sous un nouveau jour. Mais je vous assure que si vous étiez dans la rue ce jour-là, vous auriez compris de quels hommes il s'agit, plaide l'avocat. Ce jour-là, ils étaient déterminés."  

Le bilan humain aurait pu être bien plus dramatique selon lui : "C'est une chance qu'il n'y ait eu qu'un seul mort, de leur côté, dit-il en parlant du conducteur décédé dans les échanges de tirs, Bayron Kouachi. Ne vous faites pas d'illusions : un seul geste, et ils vous abattent." 

L'avocat s'est aussi penché sur le manque de coopération entre le Suriname, le Guyana et la France. Une situation qu'il juge incompréhensible : "Parmi ces personnes, je pense que certaines ont déjà été condamnées dans leur pays. On commet une infraction ou un délit au Suriname et on vient se réfugier en Guyane", indique-t-il. "Au Guyana, au Suriname ou au Brésil, il n'y aurait même pas eu de procès. Et ils le savent bien !", explique Alex Leblanc, qui plaide pour une coopération plus développée du plateau des Guyanes.

"Une déclaration de guerre"

Une autre avocate, Magali Robo, a souhaité rendre hommage aux deux policiers, Pascal Giraud et Patrice Sabino. "J'ai toujours pensé que s'en prendre aux FDO est une déclaration de guerre. S'en prendre à des victimes en pleine salle d'audience, c'est une violence exprimée dont vous devez tenir compte dans votre décision", explique-t-elle en référence à des menaces proférées par Clint Gobin lors du procès.

L'avocate explique entendre les passés difficiles des quatre prévenus. Mais elle réclame une sévérité dans le jugement rendu : "Toutes celles et ceux qui ont eu une enfance meurtrie ne se retrouvent pas dans ce box des accusés", dénonce-t-elle.

"Ils ne l'ont pas tué physiquement, mais psychologiquement, ils l'ont détruit"

De la même manière, Laurent-Franck Liénard a rendu hommage aux policiers pendant sa plaidoirie : "Vulnérables, les policiers sont courageusement allés chercher ces garçons. À chaque pas qu'ils ont fait vers cette voiture, ils ont fait honneur à leur engagement et donnent une leçon de courage, qualifiant les braqueurs de "lâches". 

"Si les policiers ne sont pas morts, c'est un miracle. Monsieur Sabino est un miraculé", insiste-t-il. La première cartouche tirée vers les policiers a touché le montant de la portière. D'après l'expertise balistique, à un ou deux cm près, la balle aurait fini sa course dans le thorax de Patrice Sabino.

Maitre Liénard pointe une image du doigt : "Ça, c'est monsieur Pompey avec son fusil à pompe. Ce n'est pas un homme qui fuit ou qui se cache", indique-t-il. L'avocat est aussi revenu sur les dommages psychologiques que les policiers gardent de cette épreuve. "Pascal Giraud est l'ombre de lui-même. Il a perdu ses repères familiaux, souffle-t-il. Ils ne l'ont pas tué physiquement, mais psychologiquement, ils l'ont détruit."

Les réquisitions du parquet commenceront demain à 8h. 

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger
8s
×