Le Suriname s'alarme de la propagation de la maladie du manioc
Le spectre d'une pénurie alimentaire plane sur le pays
La maladie, appelée maladie du balai de sorcières du manioc, est originaire d'Asie, où elle s'est d'abord développée sur le cacao. Elle serait passée par le Brésil et la Guyane avant d'arriver au Suriname, à la faveur d'échanges de boutures sur le Maroni.
Menaces sur les récoltes
Le ministre de l'Agriculture du Suriname, Mike Noersalim tire la sonnette d'alarme afin de sensibiliser la population à cette menace. Noersalim appelle chacun à éviter de déplacer des bâtonnets de manioc, car la maladie pourrait alors se propager encore plus rapidement. Au premier soupçon d'infection, il est recommandé d'alerter les autorités phytosanitaires.
Selon le ministre, il existe un risque élevé de pénurie de manioc à l'échelle nationale. Les zones du centre (Coronie) et de l'Ouest (Nickerie) sont pour l'instant indemnes ; il est essentiel de les protéger de toute contamination. La population est invitée à arracher et brûler immédiatement les plants infestés. Le ministre a également demandé à son homologue brésilien une assistance technique.
Maladie fongique dévastatrice
La maladie du balai de sorcières du manioc est une infection dévastatrice causée par un champignon, Ceratobasidium theobromae. Elle provoque la croissance anormale de petites feuilles formant un " balai " au sommet de la plante. Les pieds deviennent chétifs et les récoltes, très faibles. La propagation se fait principalement via certains insectes suceurs de sève, mais aussi par le transport de matériel végétal infecté entre champs et régions.
Il est recommandé de ne pas importer de boutures issues d'autres plantations. Si cela s'avère nécessaire, certains avis préconisent, à titre préventif, de traiter les boutures avec une solution à 0,01 % de streptomycine [antibiotique antibactérien ] pendant six heures, afin de réduire la mortalité des plants.
Cette maladie représente une menace majeure pour la production de manioc. Elle met en danger l'approvisionnement alimentaire des communautés éloignées des centres urbains et dépendantes de leur autosuffisance. Dans l'ensemble du bouclier amazonien, dont le manioc est un pilier, elle touche également au cœur des cultures autochtones.

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