Gabriel Pigrée tente de mettre sur orbite Bryan Sainte-Claire (AM)
Devant des milliers de supporters haïtiens, mercredi soir en Coupe des nations de la Caraïbe, les Yana Dòkòs ont souffert, mais ont tenu le choc. Score final : 2-2. Cet après-midi à 17 heures, la Guyane rencontre Saint-Kitts.
C'est dans un stade national Sylvio Cator survolté, avec 14 000 entrées annoncées, que la sélection guyanaise a été accueillie pour ce premier match du second tour de la Coupe des nations de la Caraïbe. « Je ne suis pas impressionné, seulement c'est ce qui nous manque en Guyane » , affirmait Marvin Desmangles avant le match. Au coup d'envoi donné par l'arbitre cubain Sandy Vasquez, c'est Haïti avec ses stars (Jeff Louis, Goreux, Alcénat, Belfort et Thurière) qui s'est mis à avancer sur la défense guyanaise, encore à la recherche de ses marques. A la 21e minute, Donovan Léon écope d'un carton jaune pour avoir joué une balle de la main hors de sa surface. Visiblement le danger pointe, car au milieu de terrain, l'avantage est aux locaux. La Guyane n'applique pas un marquage strict sur les porteurs de balle. Suite à une faute non sifflée sur Michael Solvi (26e minute), le patron Jeff Louis s'engouffre dans la défense et fusille Donovan Léon, le portier guyanais. De quoi faire exploser de joie le stade.
Nullement abattus, les Guyanais partent de suite à l'abordage et égalisent trois minutes plus tard (29e) sur une percée et un centre de Michael Solvi, relâché dans ses filets par Zéphirin, le portier haïtien. 1-1, le danger est persistant. « Il faut tenir jusqu'au repos » conseillent les coachs guyanais. Mais à cinq minutes du repos, sur une perforation d'Alcénat, la défense guyanaise prend l'eau et l'attaquant haïtien trompe Donovan. 2-1 au repos.
Recadrés dans les vestiaires par le staff technique (Jaïr Karam, Marie-Rose Carême, Bernard Lama), les Yana Dòkòs repartent pied au plancher et trouvent une faille dans la défense adverse dès la 48e minute. Une montée et un tir de Jean-David Legrand... Et voilà le portier haïtien resté pantois. 2-2, ouf.
Les Yana dòkòs avant le match, confiants malgré l'ambiance hostile. (AM)
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DONOVAN RÉSISTE JUSQU'AU BOUT
« Maintenant c'est plus que jouable, ne vous désorganisez pas! » martèle le staff guyanais. Mais alors, les Haïtiens, poussés par leur public, attaquent à outrance et mettent les Guyanais dans des positions inconfortables. A la 55e minute, Adipi est remplacé par Marc Arnaud. Cinq minutes plus tard, Solvi, victime de crampes, doit quitter la pelouse, remplacé par Marvin Desmangles. A la 70e minute, c'est au tour d'Albert Ajaisso d'être atteint, remplacé par Johan Appolinaire. Physiquement, la Guyane est entamée et les trois changements autorisés sont faits, à l'inverse d'Haïti, qui jusque-là a fait confiance à son onze du début. A la 80e minute, Mogès, atteint de crampes, est évacué sur une civière. N'évoluant plus qu'à dix, on craint le pire pour les Yana. Mais sur un pied, Mogès reprend son poste et l'équipe fait bloc devant Donovan, qui résistera jusqu'au bout. A la 93e minute, coup de sifflet final. Dans le stade, les clameurs des supporters haïtiens se sont complètement tues, pour laisser place à un silence de déception. A l'inverse, sur le banc guyanais, une forte poussée d'adrénaline s'est dégagée et le sélectionneur Jaïr Karam a dû prendre le grand large tout seul, afin de se remettre de ses émotions... Car face à l'adversité, ce résultat est très encourageant pour la suite de la compétition.
Ange MARÉCHAL, à Port-au-Prince
FLASH - ILS ONT DIT
Jaïr Karam et Marie-Rose Carême, sélectionneurs de Guyane : On a gâché leur fête
Ce soir on a mis en avant la grosse force collective qui se dégage dans ce groupe. C'est l'exploit d'un collectif de vingt joueurs avec des dirigeants derrière. On s'est fixé un objectif, on se battra jusqu'au bout. Le contexte était difficile face à une nation en fête avant le match. On s'était dit, on va leur gâcher leur fête. Et c'est ce qu'on a fait avec les jambes, la tête et le coeur. On félicite tout le collectif, et maintenant récupération pour la suite dans l'objectif de notre qualification.
Marvin Torvic, capitaine de la sélection Guyane : C'est un bon début
Ce soir, on a fait beaucoup d'efforts mais pas pour rien. Débuter et obtenir le partage face à ce favori, ce n'est pas ce qu'on recherchait, mais c'est un bon début. C'était très difficile avec la chaleur, car beaucoup d'entre nous n'ont plus l'habitude. Mais physiquement, on a tenu jusqu'au bout et ce premier match nul est porteur d'un message d'encouragement, car le tournoi n'est pas fini.
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