Le billet de Minos : À tous les niveaux, la gangrène
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BILLET DE MINOS

Le billet de Minos : À tous les niveaux, la gangrène

MINOS

Découvrez le billet d'humeur de Minos, un habitué de longue date des colonnes de France-Guyane !

 Oroyo, un homme est tombé lundi soir derrière sa caisse, à Rémire, d'une balle dans le thorax. Peu importe sa communauté, un homme est tombé sous la violence meurtrière. Un meurtre de plus, qui ne vient que conforter la gangrène insécuritaire qui se propage sur la Guyane.

Les chiffres sont implacables, même s’ils sont à catégoriser selon les pouvoirs publics. L'insécurité est bien présente, et créée dans la population un sentiment d’anxiété.

Alors, le pouvoir régalien déclare qu’il faut que la réponse soit rapide. Oroyo. En rapatriant une partie de ses effectifs sur le milieu urbain. Déshabiller Paul pour habiller Pierre. Opération coup de poing ? Marche blanche ? (une de plus) et tout à coup, la promesse d’Assises de la sécurité. Oroyo.

Pour quelques photocopies et chemises cartonnées de plus. À juste titre, on tire la sonnette d’alarme, alors que les sirènes et gyrophares hurlent depuis bien longtemps. Oroyo.

Le mal est endémique d’une jeunesse qui s’affiche « gun » à la main sur les réseaux sociaux, se prenant pour Clint Eastwood ou Lee Van Cleef. Peur sur la ville ? Jusqu’à quand ? Où en est-on de la responsabilité parentale, quand des gamins circulent à vingt-trois heures sur la voie publique ?

À tous les niveaux, la gangrène. De cet urbanisme périphérique exponentiel et informel, que les pouvoirs publics semblent incapables de maitriser, et qui sont autant de poches de criminalité. De l’éducation, comme aussi du tissu associatif, qui peut être une première digue pour une jeunesse qui parfois refuse les repères. Oroyo.

Ne parlons pas des mules, chevaux de bataille de l’aéroport. Toute cette insécurité est un frein à l’économie de la région, aux éventuels investisseurs et la Guyane n'en sera pas à sa première ville morte sur l’ensemble du territoire. Plus par soutien aux victimes, ou encore par réprobation d’un climat malsain, qui peut générer l’auto-défense voir des milices de quartiers. Oroyo.

Même le général de gendarmerie est monté au créneau devant le drame. "Saint-Yves" priez pour nous. Oroyo !