Le panier percé
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Faire son marché est devenu, depuis quelque temps, une véritable migraine. Entre le portemonnaie qui crie après son passage à la pompe et l'envol du prix des denrées alimentaires, on en vient à crier famine chez la marchande, sa voisine. Dans une de nos éditions, nous avions effectué une première analyse de cette situation, mais il semble que l'incendie continue à se propager, parfois sous le faux prétexte fallacieux du prix des carburants. Nous prenons pour preuve le prix du kilo de couac, qui reste une des denrées de base de notre région. En huit jours, une augmentation de 20 à 30 % de son prix.
Alors que l'on nous explique que c'est le prix du litre d'essence qui en est la cause. On veut bien comprendre les répercussions collatérales de la situation énergétique, mais il faut aussi admettre que quelques commerçants trouvent l'aubaine pour se faire du " flouz " dans le panier percé.
Nous avons assisté, dans une boucherie du marché de Cayenne, à une scène où la cliente ne demande plus au kilo, mais à l'euro. " Je voudrais cinq euros de viande SVP. " Témoignage de la difficulté à remplir son cabas dans un équilibre budgétaire. Et l'anecdote d'une marchande nous livre une savoureuse métaphore : " nous battons de l'eau pour faire du beurre ". Tout un symbole, où le Roméo calcule ses distances pour la balade de Juliette.
Dans cette morosité, la pluie a aussi provoqué une brutale accélération des inondations dans certains quartiers, contribuant à alourdir l'ambiance, dans un climat toujours aussi délétère de violence, avec un nouveau meurtre à Montsinéry. Le panier de l'ASC Tours féminine était sans doute trop percé pour ramener un trophée national, mais n'en reste pas moins le plus beau du club dans cette catégorie.
Percé aussi celui de l'Ara de Macouria en handball, quelque peu déplumé par l'US Matoury féminine pour le titre de champion. Si, à la Pentecôte, il est parfois de coutume de bisser le bouillon Wara, beaucoup y ont renoncé faute de " chayé dlo ké panyen ".

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