Le culte rastafari reconnu à l'égal des autres religions à Saint-Kitts-et-Nevis : première dans la Caraïbe
Le Premier ministre Terrance Drew a officialisé, le 31 mars 2026, la reconnaissance constitutionnelle du mouvement rastafari. Une décision historique qui transforme une communauté longtemps marginalisée en un groupe confessionnel protégé par le droit commun.
C'est un tournant majeur pour une communauté influente mais reléguée aux marges institutionnelles. Saint-Kitts-et-Nevis s'est érigé en pionnier régional en intégrant la foi rastafari au sein de son cadre légal. Lors de son intervention à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Terrance Drew a défendu une démarche visant à réparer une injustice sociale et à garantir une stricte égalité constitutionnelle.
Loin d'une simple déclaration d'intention ou d'une manœuvre unilatérale, cette réforme a été élaborée en étroite consultation avec les représentants du mouvement. Elle traduit la volonté d'ancrer le rastafarisme, défini par ses adeptes davantage comme un mode de vie qu'une doctrine religieuse classique, dans le paysage légal de la fédération. La législation autorise désormais les lieux de culte rasta à s'enregistrer auprès du ministère des Affaires ecclésiastiques. Cette protection juridique garantit aux croyants le droit de pratiquer leur foi ouvertement, dissipant définitivement le spectre de la criminalisation qui pesait historiquement sur leurs rituels.
Un enjeu démocratique aux résonances personnelles
Pour le chef du gouvernement, cette avancée revêt une dimension politique doublée d'un écho intime. Révélant publiquement que sa propre mère est de confession rastafari, Terrance Drew a fustigé les discriminations et les railleries dont la communauté a fait l'objet par le passé, y compris dans les travées du Parlement."Vous pouvez ne pas être d'accord avec eux, mais le respect s'impose", a-t-il tranché. Le dirigeant a rappelé que cette reconnaissance n'est pas une faveur politique, mais l'application stricte d'un droit fondamental dû à tout citoyen, au même titre que les fidèles des autres groupes religieux.
L'aboutissement d'une dynamique régionale en marche
Cette légalisation à Saint-Kitts-et-Nevis s'inscrit dans un mouvement plus large de réhabilitation institutionnelle du mouvement rastafari dans les Antilles. Elle fait directement écho au précédent posé par Antigua-et-Barbuda qui, sous l'impulsion du Premier ministre Gaston Browne en 2023, avait franchi un premier pas décisif en accordant à la communauté une autorisation sacramentelle pour la culture et l'usage du cannabis. En gravant aujourd'hui cette reconnaissance dans le marbre de la loi, le gouvernement de Basseterre transforme une simple tolérance culturelle en une véritable égalité civique.

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