« Nous avons gagné » : les 12 professeurs néo-titulaires maintenus en Guyane
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" Nous avons gagné " : les 12 professeurs néo-titulaires maintenus en Guyane

LA RÉDACTION
De gauche à droite : Baptiste Larcher du Snetaa-FO ; Maion Decavé de Lutte des classes ; Joël Juste, professeur néo-titulaire ; Owald Davirin, représentant du député Rimane ; Dario Anatole, porte-parole du Steg-UTG ; Éline Grand-Émile, représente le député Castor ; Bruno Niederkorn (au centre) et Sabine Lagrèze de SUd se réjouissent de leur victoire auprès du ministère de l'Enseignement : les douze professeurs néo-titualries restent en Guyane.
De gauche à droite : Baptiste Larcher du Snetaa-FO ; Maion Decavé de Lutte des classes ; Joël Juste, professeur néo-titulaire ; Owald Davirin, représentant du député Rimane ; Dario Anatole, porte-parole du Steg-UTG ; Éline Grand-Émile, représente le député Castor ; Bruno Niederkorn (au centre) et Sabine Lagrèze de SUd se réjouissent de leur victoire auprès du ministère de l'Enseignement : les douze professeurs néo-titualries restent en Guyane. • GG

Les syndicats ont aussi souligné le rôle joué par le recteur de Guyane

Ils resteront en Guyane. Après plusieurs semaines de mobilisation et de recours, les douze enseignants néo-titulaires, menacés d'une affectation vers l'académie de Versailles ont obtenu gain de cause. 

" Nous avons gagné ", lâche la mine enjouée Bruno Niederkorn, secrétaire général du Steg-UTG. "Le rectorat vient de nous confirmer le maintien de l'ensemble des professeurs sur le territoire," assure-t-il. Le syndicaliste salue une " victoire collective " obtenue grâce à " la cohésion entre les syndicats ", au débrayage organisés au lycée Michotte et à une forte mobilisation sur les réseaux sociaux. Selon les représentants syndicaux, l'inquiétude suscitée dans la population a contribué à faire pression sur l'administration.

Les syndicats ont aussi souligné le rôle joué par le recteur de Guyane, qui a relayé les informations auprès de la direction des ressources humaines du ministère. " Le recteur lui-même s'est saisi de la question et a poussé grâce à notre mobilisation ", ont-ils expliqué, ce jeudi matin, à la maison du peuple, Digue Ronjon.

Un problème structurel

Derrière cette victoire, les organisations syndicales dénoncent un problème structurel. Pour elles, ces mutations imposées révèlent les limites du système actuel de gestion des affectations dans les territoires ultramarins. " Ce qui se produit depuis des années pose la question des modalités spécifiques dont la Guyane doit disposer pour garder ses effectifs ", estime Marion Décavé de la Lutte des classes. La syndicaliste juge " hors de question " de devoir mener le même combat l'an prochain. "On croirait un retour du Bumidom [nom donné à un dispositif mis en place par l'État français en 1963 pour organiser et encadrer la migration des Antillais, Guyanais et Réunionnais vers l'Hexagone, jusqu'en 1981., NDRL]", suggère-t-elle. "Un bagne à l'envers", ose un autre représentant enseignant.

Plusieurs intervenants ont insisté sur le paradoxe d'un territoire confronté à une forte croissance démographique et à un besoin massif d'enseignants, alors même que des postes disparaissent ou ne sont pas proposés au mouvement inter-académique. Selon les syndicats, certaines disciplines afficheraient " zéro poste " lors des mutations nationales, tandis que des places restent vacantes localement.

Les représentants syndicaux alertent aussi sur les conséquences humaines de ces décisions. Un enseignant concerné, Joël Juste, a accepté de témoigner : " Je ne m'attendais pas à devoir remettre ma vie en question. C'est une décision qui peut détruire des familles. Heureusement, on a trouvé un accord. "

Il reste à régler la mutation en interne. "La Guyane est un grand territoire. Il faut que ces professeurs soient affectés près de leur foyer", interpelle Sabine Lagrèze de Sud éducation.

Besoins de professeurs

Pour les syndicats, cette affaire dépasse le cadre administratif. Certains y voient une problématique commune à plusieurs territoires ultramarins, comme la Martinique, qui perd des postes et des élèves, ou La Réunion. " C'est une question de survie des territoires ", estime Bruno Niederkorn qui dénonce une logique de réduction budgétaire de l'État. "Nous sommes à 24-25 enfants par classe au primaire c'est beaucoup trop."

Les organisations syndicales réclament des mesures pérennes : amélioration des barèmes pour les enseignants exerçant en Guyane, prise en compte des CIMM (centres des intérêts matériels et moraux)*, développement de formations internes favorisant la titularisation des contractuels et réflexion politique sur une gestion plus autonome des ressources humaines de l'académie.

Une classe de 6e devrait ouvrir à Trois-Sauts, dans le sud de notre territoire mais le recrutement des professeurs n'est pas évident à cause des conditions de logements et de l'isolement.

Ces revendications interviennent alors que douze établissements scolaires doivent ouvrir dans les quatre prochaines années en Guyane, pour un investissement estimé à 1,2 milliard d'euros inscrit dans le plan pluriannuel d'investissement de la Collectivité territoriale. 

*Bien que dans l'affaire des douze enseignants, ce sont ces derniers qui n'ont pas réussi à activer cette close.

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