Pont sur l'Oyapock : l'ouverture se rapproche
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Pont sur l'Oyapock : l'ouverture se rapproche

Stéphanie BOUILLAGUET
Les travaux du pont sur l'Oyapock se sont achevés en 2011. L'inauguration, sans cesse repoussée, pourrait avoir lieu dans « quelques mois » (Jody Amiet)
Les travaux du pont sur l'Oyapock se sont achevés en 2011. L'inauguration, sans cesse repoussée, pourrait avoir lieu dans « quelques mois » (Jody Amiet)

L'ouverture du pont sur l'Oyapock ne serait plus qu'une question de mois, a assuré le préfet hier. Des questions restent néanmoins à régler.

Hier, le préfet a réuni les socioprofessionnels de Guyane et les représentants des services de l'Etat pour faire le point sur l'ouverture du pont sur l'Oyapock. Aucune date officielle n'a encore été annoncée, mais « des signes avant-coureurs apparaissent » , a précisé le préfet Éric Spitz. « Je pense qu'il ouvrira dans les prochains mois. Je ne peux pas en dire plus, car je ne sais pas. Mais ça peut s'accélérer très vite. »
Cote brésilien, la route d accès entre le bourg d'Oiapoque et le pont est désormais finie. Les bâtiments provisoires du poste frontière ont été livrés. Par contre, la route entre Oiapoque et Macapá, la capitale de l'Amapá, n'est pas totalement achevée : « cent kilomètres » restent difficilement praticables, surtout en saison des pluies.
MARCHANDISES : UN QUOTA ÉTABLI CHAQUE ANNÉE
Concernant le transport des personnes et des marchandises de part et d'autre de la frontière, un accord a été signé le 19 mars dernier à Paris par les ministres des Affaires étrangères français et brésilien. Il prévoit que, chaque année, la commission mixte transfrontalière (1) fixera les catégories et le nombre de marchandises qui pourront entrer sur le territoire guyanais - un système de quotas, en somme. « Le maître mot est la réciprocité » , assure le préfet.
LA QUESTION DES ASSURANCES À RÉGLER
Mais deux points importants doivent encore être réglés : la question des assurances et celle de la rupture de charges. Pour les assurances, « dans l'attente d'un accord » , le droit commun s'applique. Un régime international contraignant : un automobiliste brésilien devrait débourser « 75 euros » pour être assuré en Guyane pendant trente jours. Ne parlons pas des poids-lourds ou des véhicules de transport en commun, qui devront débourser 725 euros pour être assurés pendant un mois!
Autre point à régler, la question de la rupture de charges. Les transporteurs guyanais avaient déjà exprimé leur volonté de mettre en place un dispositif de rupture de charges à Saint-Georges de l'Oyapock : les camions brésiliens déposeraient leurs marchandises dans une zone aménagée près du pont.
Les Guyanais auraient ensuite la charge de les transporter dans le département. Mais rien n'est encore acte. « Le projet n'a pas avancé depuis cinq ans. Il faut déterminer une zone près du pont et la mettre en oeuvre. Sinon, tout le transbordement se fera côté brésilien » , prévient Jean-Paul Le Pelletier, président de la Chambre de commerce.
UNE CARTE DE TRANSFRONTALIER
Les autorités brésiliennes et françaises « sont sur le point d'aboutir » concernant la circulation des habitants de Saint-Georges et d'Oiapoque. Elles s'orientent vers une carte de transfrontalier, « qui ne permettrait pas de travailler ni de résider » sur le territoire, mais qui permettra aux habitants « un séjour de 72 heures » sur la rive d'en face.
LES SOCIOPROFESSIONNELS PEU CONVAINCUS
Bernard Boullanger, de l'association des Moyennes et petites industries, a évoqué hier le « chemin de croix » auquel il est confronté pour tenter d'exporter ses produits à Oiapoque. Jean-Paul Le Pelletier, président de la CCIG, renchérit : « À ma connaissance, il n'y a pas de possibilité de faire entrer des marchandises françaises à Oiapoque » . Selon la Deal, « un bureau de dédouanement » est prévu au poste frontière brésilien, ce qui permettra de faire entrer les marchandises.
(1) Elle réunira des représentants des services de l'État français et brésilien, ainsi que des représentants du milieu économique et des collectivités territoriales.
(Jody Amiet)
(Jody Amiet)

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