Pacte de stabilité : la Guyane doit être épargnée
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Pacte de stabilité : la Guyane doit être épargnée

Kerwin ALCIDE
Après avoir entendu les interventions du Premier ministre ces dernières semaines, Jean-Étienne Antoinette a décidé de l'interpeller (photo d'archives)
Après avoir entendu les interventions du Premier ministre ces dernières semaines, Jean-Étienne Antoinette a décidé de l'interpeller (photo d'archives)

Le sénateur Jean-Étienne Antoinette a interpellé le Premier ministre la veille de la présentation de son pacte à l'Assemblée nationale. Il estime qu'on ne peut pas demander à la Guyane, compte tenu de son retard structurel, de contribuer comme les autres régions.

« La région Guyane [...] ne pourrait pas participer au même degré que les autres régions au plan d'économie imposé aux collectivités, ni même le voir appliqué de manière mécanique, sans risquer de provoquer des désordres structurels et sociaux encore plus grands. » Le sénateur de Guyane, Jean-Étienne Antoinette, ne mâche pas ses mots dans une lettre adressée au Premier ministre lundi dernier. Sur trois pages, l'ancien maire de Kourou tente de démontrer que la Guyane peut difficilement se payer le luxe de contribuer fortement à la solidarité nationale. « Les impératifs de la solidarité nationale, auxquels nous adhérons, ont tout lieu d'être ici pondérés par la nécessité de la confirmation des mesures de rattrapage en faveur des territoires ayant subi de profonds retards de développement » .
« UN IMPACT DÉSASTREUX »
Celui qui avait soutenu François Hollande pendant la campagne de la dernière présidentielle rappelle à Manuel Valls que le président, en visite en Guyane à la fin de l'année dernière, avait annoncé un « pacte d'avenir actant la nécessité d'un plan de rattrapage économique et social » . Du coup, le sénateur estime qu'il est « indispensable que les dotations des collectivités territoriales de Guyane puis sent bénéficier de mesures de maintien de leur valeur » . Jean-Étienne Antoinette suggère même que cette volonté soit inscrite dans la loi des finances de 2015. En somme qu'on ne puisse, en tout cas difficilement, revenir sur cet engagement. Car le sénateur confie que les villes de l'Hexagone sont aujourd'hui « au stade de l'aménagement qualitatif ou de confort » alors qu'en Guyane « les enjeux immédiats consistent à combler des déficits infrastructurels de base indispensables à une activité économique encore émergente » . La Guyane ne peut donc pas se soumettre à la diminution de la capacité d'investissement des collectivités, estime le parlementaire qui craint un « impact désastreux » .
Lundi, la veille de la présentation de son pacte devant les députés, Manuel Valls avait écrit aux députés et aux sénateurs pour expliquer sa démarche. Jean-Étienne Antoinette n'avait pas attendu cette missive pour interpeller le Premier ministre.

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