"L'autonomie et le foncier sont les deux piliers du développement de la Guyane”
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"L'autonomie et le foncier sont les deux piliers du développement de la Guyane”

Gérôme GUITTEAU ; g.guitteau@agmedias.fr

Jean-Victor Castor, 60 ans se lance dans la campagne des législatives du 11 juin prochain. Son discours, tenu à l'Eldorado, lundi 16 mai au soir, est traduit en langue des signes © @Rodrigue Tisserand

Le meeting du Mouvement de décolonisation et d'émancipation sociale a attiré un public varié. on a aperçu l'influenceuse Aurore Sagne ou encore Ama Mumia Makeba du mouvement international pour les réparations (MIR). © @G. Guitteau

Michel Dubouillé, ancien secrétaire général de Guyane écologie apporte son soutien à Jean-Victor Castor avec qui il était allié aux municipales sur Matoury. Il annonce par ailleurs sa démission de Guyane écologie."J'ai appelé à voter pour Jean-Luc Mélenchon dès le 1er tour. Je ne suis plus en accord avec les décisions du nouveau secrétaire de Guyane écologie", explique Michel Dubouillé. © @G. Guitteau

Maurice Pindard, co-fondateur du MDES avec entre autres Fabien Canavy et Jean-Victor Castor en 1991 est présent avec Hubert Contout, rallié du second tour aux municipales de Matoury. Ils soutiennent la candidature de Jean-Victor Castor et Éline Grand-Émile dans la 1ère circonscription. © @G. Guitteau

Les tambouyens ont ouvert le meeting suivi par le reggae de Ruud Daddy. © @G. Guitteau

Jean-Victor Castor, candidat à la députation du MDES dans la première circonscription a tenu un meeting, lundi dès 19 heures à l'Eldorado. La restitution du foncier détenu par l’État au profit d'une structure guyanaise dépositaire de ces hectares comme en Kanaky (Nouvelle-Calédonie), constitue son principal cheval de bataille.

Le meeting de lancement de campagne de Jean-Victor Castor du mouvement de décolonisation et d'émancipation sociale (MDES), candidat dans la première circonscription à la députation du 11 juin, avec sa remplaçante Éline Grand-Emile commence dans la grande salle de l'Eldorado à Cayenne.
Il est 19h25, lundi 16 mai et la salle de 230 personnes est quasi comble. Les tambours résonnent, on reconnaît Gaëtan Tariaffe, entraineur de Gémima Joseph, championne d'athlétisme. Un chant en créole emplit la salle à leurs côtés.
Vous vouliez Castor, il arrive”, constitue le refrain.
Avant de regarder un court-métrage qui retrace l'engagement politique et militant de Jean-Victor Castor, Ruud Daddy chauffe la salle par deux chansons reggae.
Le discours, n'apporte pas de surprise ou de changements d'idées chez l'homme politique, tout nouveau sexagénaire. Les convictions restent les mêmes : donner les moyens du pouvoir politique aux Guyanais.
« Pas d'autonomie au rabais »

"Je tiendrais compte de ce que les Guyanais veulent. Ils veulent, à l'unanimité, l'autonomie. Alors d'accord mais pas une autonomie au rabais. Une autonomie avec le maximum de compétences. Une autonomie sans foncier ne servira à rien. C'est le préalable à tout", prévient le militant incarcéré à Ducos en Martinique après la grève des lycéens de 1996 où il obtiendra un non-lieu.
"L'autonomie et le foncier sont les deux piliers du développement de la Guyane. Nous devons obtenir la gestion de nos ressources primaires, celles de notre sous-sol", insiste Jean-Victor Castor.
Ce dernier se veut plus incisif vers la fin de sa prise de parole. Le mot indépendance est cité mais pas repris, au contraire du terme “combat”.
Élie Castor, homme politique des années 80 a dit: "On va occuper la terre. Ils vont tirer sur nous. On va tirer sur eux." Ce n'est pas un appel à la violence que je fais/ Elie Castor est un élu.  On a un État qui ne veut pas que la Guyane se développe mais il n'entend que le rapport de force... et on est désuni", proclame l'ancien conseiller régional.
«  Mise en accusation dans les instances internationales de la France »

Alors, pour se faire entendre, l'ancien élu municipal de Matoury, qui a démissionné en avril dernier, souhaite s'appuyer sur des avocats, des juristes spécialistes du droit international aidés par des avocats guyanais qui ont travaillé la question foncière comme maître Louze-Donzenac.
"On procédera par la mise en accusation dans les instances internationales de la France concernant ses agissements.  On a cinq ans pour réussir à créer le rapport de force nécessaire à ce qu'on puisse récupérer les terres que la France s'est accaparée illégalement et illégitimement", établit Jean-Victor Castor.
Un temps de débat sous la forme de questions/réponses s'engage.
L'intervention de Sylvia Saimbert, secrétaire général des 500 frères est remarquée. A la fin de l'intervention, qu'on qualifiera sous forme de litote d'énergique, la salle applaudit. “Je peux te promettre qu'on va aller dans les quartiers pour leur dire pourquoi il faut voter pour toi. Tu es devant et nous derrière toi. On va pas te lâcher ou t'abandonner. Tu feras dix ans comme député. Aujourd'hui nou ka maré nou rein pour t'emmener vers la victoire. C'est le moment”, crie la militante associative, reprenant le slogan de la campagne du MDES.
« Arrêter le jeu de dupes »

La fin du meeting sera plus calme L’État français, toujours sur le banc des accusés.
En 2007, nous manifestions pour discuter d'une futur usine de production d'électricité. On est en 2022 et on discute pour savoir où la mettre. Il faut qu'on arrête avec ce jeu de dupes. Vous pensez franchement que l’État savait ou ne savait pas que le terrain choisi par EDF, posé problème ?”, questionne l'ancien technicien EDF.
Depuis 2017, les thèmes du MDES se sont répandus dans les discussions publiques et privées : autonomie/indépendance, la question foncière et des ressources minières, le pillage des ressources halieutiques et aurifères.
En revanche, le parti, qui puise son idéologie dans la gauche anticapitaliste ne pose pas la question du pouvoir d'achat et de la vie chère. Pour Jean-Victor Castor, les trois fléaux de la société guyanaise sont : la drogue, les armes et la corruption.
Dans moins d'un mois, il sera si l'opinion publique qui reprend ses thèmes de réflexion depuis mars et avril 2017, le suit ou non dans son projet politique. Un seul moyen pour cela : battre l'abstention. “Un député élu avec 8000 voix n'a pas de légitimité”, reconnaît l'ancien athlète, spécialiste du triple saut, pourtant c'est bien ce qui risque de se produire le 18 juin pour n'importe lequel des candidat-e-s.

Le meeting du Mouvement de décolonisation et d'émancipation sociale a attiré un public varié. on a aperçu l'influenceuse Aurore Sagne ou encore Ama Mumia Makeba du mouvement international pour les réparations (MIR). • @G. Guitteau
Michel Dubouillé, ancien secrétaire général de Guyane écologie apporte son soutien à Jean-Victor Castor avec qui il était allié aux municipales sur Matoury. Il annonce par ailleurs sa démission de Guyane écologie."J'ai appelé à voter pour Jean-Luc Mélenchon dès le 1er tour. Je ne suis plus en accord avec les décisions du nouveau secrétaire de Guyane écologie", explique Michel Dubouillé. • @G. Guitteau
Maurice Pindard, co-fondateur du MDES avec entre autres Fabien Canavy et Jean-Victor Castor en 1991 est présent avec Hubert Contout, rallié du second tour aux municipales de Matoury. Ils soutiennent la candidature de Jean-Victor Castor et Éline Grand-Émile dans la 1ère circonscription. • @G. Guitteau
Les tambouyens ont ouvert le meeting suivi par le reggae de Ruud Daddy. • @G. Guitteau

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