Le procès guyanais du Front national
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Le procès guyanais du Front national

Damien LANSADE
De gauche à droite, Joël Pied, secrétaire général de Walwari, Martine Humbert, présidente du comité Dignité respect, et Patrice Clet, conseiller général à Sinnamary (DL)
De gauche à droite, Joël Pied, secrétaire général de Walwari, Martine Humbert, présidente du comité Dignité respect, et Patrice Clet, conseiller général à Sinnamary (DL)

Le mardi 8 juillet, le Front national est cité à comparaître à Cayenne au titre des propos racistes tenus par une de ses candidates, Anne-Sophie Leclere, à l'encontre de Christiane Taubira, leader du mouvement Walwari. Jeudi soir, les dirigeants de Walwari se réunissaient pour organiser la communication autour du procès.

« On ne badine pas avec l'humanité. » Joël Pied, secrétaire général de Walwari, a le sens de la formule. Pour lui, les attaques dont Christiane Taubira est l'objet depuis sa nomination en tant que ministre de la Justice ne peuvent rester impunies. « Derrière Christiane, ce sont tous les Guyanais qui sont visés. »
À côté du secrétaire général, Martine Humbert, présidente du comité Dignité respect, dresse un parallèle entre la situation de la France actuelle et l'Allemagne de 1933. « On a laissé faire, on a laissé dire. C'est allé trop loin. Maintenant ça suffit. On ne peut plus laisser parler. Quand on laisse faire, on se met tous en danger. »
PROCÈS MÉDIATIQUE ET APPEL À LA POPULATION
Le 8 juillet prochain, lors du procès, Walwari a convié plusieurs ténors du barreau, qui viendront de Guyane, des Antilles et de métropole. Tous plaideront gratuitement, beaucoup se déplaceront à leurs propres frais. Pour les dépenses sur place et la logistique, Walwari prévoit d'organiser une souscription, au nom de la lutte contre le racisme.
Walwari a également invité des personnalités médiatiques à témoigner à la barre lors du procès. Garcin Malsa, personnalité politique martiniquaise, président du Mouvement international de la réparation de l'esclavage, a d'ores et déjà répondu présent. Jean-Claude William, professeur de sciences politiques à l'UAG, auteur de plusieurs ouvrages sur l'esclavage et le droit de mémoire, fera également partie des témoins.
Le 4 décembre dernier, pour protester contre les mêmes faits, le comité Dignité respect et Walwari avaient organisé à Cayenne une marche depuis le rond-point des pompiers jusqu'à la place des Amandiers. La manifestation avait rassemblé 80 personnes. Les dirigeants du bureau de Walwari espèrent que le procès rassemblera davantage de monde.

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