Sénat : deux fauteuils pour dix
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SÉNATORIALES

Sénat : deux fauteuils pour dix

Gérôme GUITTEAU, g.guitteau@agmedias.fr
Fait inédit, les deux sénateurs de Guyane rendent leur siège. Il y aura donc de nouvelles têtes au Palais du Luxembourg, début octobre pour le début de la session parlementaire.
Fait inédit, les deux sénateurs de Guyane rendent leur siège. Il y aura donc de nouvelles têtes au Palais du Luxembourg, début octobre pour le début de la session parlementaire. • RL

Les futurs équilibres politiques dans la course à la CTG vont se dévoiler en partie lors de ce scrutin

C'est officiel. Le préfet a validé la liste : ils seront dix, le 27 septembre, à tenter de décrocher l'un des deux sièges de sénateur de la Guyane. Dix duos, dix stratégies, et une seule journée pour tout jouer.

Par ordre d'arrivée au greffe ", selon la place Héder : Patrick Lecante, avec Natacha Caberia comme remplaçante ; Rodolphe Alexandre et Dayna Pierre ; Roger Aron et Anne-Michèle Robinson ; Hélène Sirder et Rudy Constant ; Rollin Bellony et Tracy Timane ; Jean-Yves Mirakoff et Rosalie Sabayo ; Ronan Malarmé et Andréa Guyonvarho ; Victor Joseph et Gisèle Fati ; Ryan Persaud et Clara Stephenson ; Gérard Amayota et Marie-Jeanne Raymond.

Des campagnes plus courtes que d'autres

Si Patrick Lecante, ancien maire de Montsinéry-Tonnérgande, président  du Comité de l'eau et de la biodiversité a été le premier à se proclamer candidat au Sénat, avant les municipales, on sait que Rodolphe Alexandre prépare cette élection depuis son éviction du siège de président de la Collectivité territoriale. Roger Aron, VP à la CTG délégué à l'agriculture et à l'évolution statutaire s'y est aussi pris tôt. Pour quatre autres candidats, la campagne a été classique.

Ils ont rencontré tous les premiers magistrats de Guyane. il s'agit de l'avocate et ancienne représentante des Outre-mer au Cese (Conseil Économique Social et Environnemental ), Hélène Sirder ; de Victor Joseph, ancien inspecteur d'anglais et ex-adjoint au maire de Rémire-Montjoly ; Ryan Persaud, élu à Mana et directeur d'une société de pêche ; Jean-Yves Mirakoff, ex-Nouvelle force de Guyane et patron d'une société de transport.

L'élection territoriale commence le 27 septembre

C'est ajouté à la liste de prétendants : Rollin Bellony, médecin qui s'était présenté en 2020. Il attendait le feu vert de Sandra Trochimara dont il est le conseiller municipal à Cayenne. Les deux surprises concernent l'inconnu du Rassemblement national Ronan Malarmé, chef d'entreprise et Gérard Amayota, ancien maire d'Apatou entre 2001 et 2008 et professeur de menuiserie au lycée Bertène-Juminer à Saint-Laurent. 

Cette dernière candidature rebat les cartes du scrutin. Ryan Persaud devait faire le plein de voix à l'Ouest en tant que sucesseur géographique de Georges Patient. Il se retrouve avec un concurrent sérieux qui porte la voix des maires du fleuve. En ce qui concerne le maire de Saint-Laurent, ses voix devraient se porter sur Roger Aron en priorité. Mais chaque grand électeur a deux votes.

Certains maires veulent forcer leurs conseillers à ne mettre qu'une voix sur le bulletin, " croit savoir Marie-Laure Phinéra-Horth, la future ancienne sénatrice.

On pouvait penser que l'édile de la capitale de l'Ouest aurait mis en second nom Rodolphe Alexandre. Ils ont été un temps dans le même parti mais de l'eau a coulé depuis. 

Les futurs équilibres politiques dans la course à la CTG vont se dévoiler en partie lors de ce scrutin. Est-ce que l'Ouest veut porter un coup de semonce et voter comme un seul homme pour sa reconnaissance institutionnelle ? Dans nos colonnes, Georges Patient, lui-aussi bientôt ancien sénateur, rappelait que la CCOG était née d'un désir de bidépartementalisation, rappelé il y a un an par Félix Dada, le maire de Grand-Santi. 

Le jour J, en pratique

Direction les urnes le dimanche 27 septembre. Sauf qu'ici, pas de citoyens dans l'isoloir : ce sont 577 grands électeurs qui décident, dont 518 délégués issus des conseils municipaux. Députés, sénateurs sortants et conseillers de l'Assemblée territoriale complètent la liste. Pour tout ce beau monde, voter n'est pas une option : c'est une obligation. Ne pas voter sans motif légitime coûte cent euros.

Premier tour à 9h30, clos à 11h. Pour l'emporter dès ce round, il faut la majorité absolue des voix exprimées, et au moins un quart des inscrits. À défaut, tout le monde se retrouve à 15h30 pour un second tour, où la majorité relative suffit. 

Le Sénat, ce grand mal-aimé

Installé au palais du Luxembourg, le Sénat aligne 348 membres, élus pour six ans et renouvelés par moitié tous les trois ans. En Guyane, on ne joue les deux sièges que tous les six ans.

Sa raison d'être : porter la voix des territoires à l'échelle nationale. 

Sur le papier, ses pouvoirs ressemblent à ceux de l'Assemblée : voter la loi, contrôler le gouvernement, interroger les ministres, éplucher les dossiers en commission. Mais dans les faits, un texte doit être adopté dans les mêmes termes par les deux chambres pour devenir loi - d'où ces allers-retours qu'on appelle la navette parlementaire. Quand ça coince après deux lectures de chaque côté, sept députés et sept sénateurs se réunissent en commission mixte paritaire pour trouver un terrain d'entente. Et si ça ne suffit pas, le gouvernement peut demander à l'Assemblée de trancher seule. Et en cas de blocage, c'est toujours l'Assemblée qui a le dernier mot.

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